Tour à tour, les socialistes Benoît Hamon et Claude Bartolone s’excusent auprès d’Eric Woerth après sa relaxe dans l’affaire Bettencourt

Publié à 09h53, le 01 juin 2015 , Modifié à 20h11, le 04 juin 2015

Tour à tour, les socialistes Benoît Hamon et Claude Bartolone s’excusent auprès d’Eric Woerth après sa relaxe dans l’affaire Bettencourt

REPENTANCE – C’est opération "désolé" pour la gauche depuis qu’Eric Woerth a été relaxé dans l’affaire Bettencourt jeudi 28 mai. Reboosté par cette nouvelle, l’ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy et trésorier de l’UMP en parallèle a lui-même exigé des excuses de la part de ceux qui l’ont attaqué le plus frontalement. Dans son viseur : principalement Martine Aubry, Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone et Ségolène Royal.

En campagne pour les régionales en Ile-de-France, le président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a fait acte de repentance, ce lundi 1er juin. Invité d’Europe 1, celui qui demandait la démission d’Eric Woerth en septembre 2010 et dénonçait "le retour des copains et des coquins" (après l’aveu de l’ancien ministre d’être intervenu auprès de Nicolas Sarkozy pour l’attribution de la Légion d’honneur au gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre), estime être allé trop loin. Et le regrette :

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Il y a des mots qui ne sont pas acceptables dans le débat politique. Et je le dis d’autant plus, je profite du moment où je suis ici, que j’ai eu l’occasion dans le passé d’en utiliser que je regrette aujourd’hui vis-à-vis de Monsieur Woerth.

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Et de poursuivre, souhaitant en tirer des leçons pour le débat public en général :

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J’aurai l’occasion de lui envoyer un mot personnel. Ce sera à lui de dire s’il veut faire savoir ce qu’il y a dedans ou pas. Bien entendu, on se grandit à reconnaître qu’on s’est trompé. Il y a des modes d’action dans la politique française qui doivent changer.

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Vendredi 29 mai, Benoît Hamon avait lui déjà fait amende honorable auprès du député ex-UMP (désormais député du parti Les Républicains). L’ancien bref ministre de l’Education nationale a lui aussi dit regretter d’avoir accusé Eric Woerth. "Aujourd'hui, Eric Woerth est assez légitime à rappeler à ceux qui ont bafoué son honneur qu'il n'était pas coupable", a-t-il lancé avant d'ajouter :

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J'ai pu dire comme beaucoup d'autres des choses qui ont blessé mes adversaires et, si c'est le cas, je le regrette.

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[Edit - mardi 4 juin]

Invité du Grand Journal de Canal + mercredi 4 juin, Benoît Hamon est revenu sur son mea culpa vis-à-vis d'Eric Woerth. S'i a pu tenir des propos blessants à l'égard de l'ex-ministre du Budget, il faut les mettre sur le compte de ses fonctions de porte-parole du PS à l'époque, a-t-il expliqué en substance :

 

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je reconnais que dans cet exercice où tous les jours on est sollicité - souvent pour tacler l’adversaire, plus rarement pour mettre des idées en débat – oui ben, il y a des moments où à la fin de la journée on n’est pas extrêmement heureux de ce qu’on a pu dire.

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Les actuels porte-paroles du PS apprécieront le jugement.

Du rab sur le Lab

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