Tribune sur l’immigration : Benjamin Griveaux trouve que Le Clézio n’est "pas forcément au contact du réel"

Publié à 14h47, le 14 janvier 2018 , Modifié à 14h47, le 14 janvier 2018

Tribune sur l’immigration : Benjamin Griveaux trouve que Le Clézio n’est "pas forcément au contact du réel"
© LUDOVIC MARIN / AFP

Jean-Marie Gustave Le Clézio fait partie des intellectuels qui ont dénoncé, aux côtés d’associations, la politique migratoire du gouvernement et son "déni d'humanité". Dans la lignée d’Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux a rembarré ces discours. Invité de BFM politique dimanche 14 janvier, le porte-parole du gouvernement brandit la fameuse opposition entre les politiques qui agissent et les intellectuels qui commentent :

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Le déni d’humanité, c’est d’avoir des gens qui dorment dans la rue. Le déni d’humanité, c’est de parquer des gens dans des chambres d’hôtel sans jamais les intégrer. Il est là le déni d’humanité. [...] Il y a ceux qui se payent des mots, et il y a ceux qui mettent en place des politiques et qui y consacrent des moyens. Vous pouvez être prix Nobel de littérature et parfois ne pas être forcément au contact du réel, le réel que j’oppose à ses propos, parce que je m’inscris en faux contre ces propos d’humanité. [...] La réponse à cela, ce n’est pas des grands discours et des cris d’orfraie, c’est des politiques publiques très concrètes.

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Dans une tribune publiée dans L’Obs jeudi, le prix Nobel de littérature dit ne pas supporter "le tri" fait entre les migrants qui fuient leur pays pour des raisons politiques et ceux qui fuient la misère. "Est-il moins grave de mourir de faim, de détresse, d'abandon, que de mourir sous les coups d'un tyran ?", poursuit Le Clézio qui rappelle avoir été lui-même un migrant. "J'ai été l'un d'eux jadis, quand ma mère nous a emmenés mon frère et moi traverser la France [...] pour fuir la guerre. Nous n'étions pas des demandeurs d'asile [...] Nous cherchions un endroit où survivre".

Des "cris d’orfraie" que ne supporte pas Benjamin Griveaux, qui renvoie l’écrivain au "réel". Le Clézio ne correspond pourtant pas *exactement* à l’image de l’artiste dans sa tour d’ivoire. Partageant sa vie entre Paris, Nice et Albuquerque (États-Unis), le romancier a parcouru et vécu dans de nombreux pays, par exemple auprès des Indiens Emberás et Waunanas, au Panama, entre 1970 et 1974.

Benjamin Griveaux, lui, n’a vécu que de la politique, à l’exception de deux ans dans le privé : d’abord conseiller municipal de Chalon-sur-Saône, puis conseiller général de Saône-et-Loire, il est élu député de Paris avant d’être nommé au gouvernement.

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