Un collectif d’élu(e)s demande aux candidats à la présidentielle de s’engager sur la parité et l’égalité homme/femme

Publié à 13h18, le 04 novembre 2016 , Modifié à 12h17, le 05 novembre 2016

Un collectif d’élu(e)s demande aux candidats à la présidentielle de s’engager sur la parité et l’égalité homme/femme
© AFP

Six hommes, une femme. Le débat télévisé entre les candidats à la primaire de la droite jeudi 3 novembre était encore une illustration probante de la sous-représentation des femmes en politique.

Alors, à moins de six mois de l’élection présidentielle et à l’occasion de la cinquième édition des Journées nationales des femmes élues (JNFE), organisées vendredi et samedi, un collectif d’élu(e)s, le réseau Elueslocales.frpublie un manifeste "pour une vie politique exemplaire en matière d’égalité femmes-hommes" et interpelle l’ensemble des candidats à l’Élysée :

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Nous demandons notamment aux candidats briguant la Présidence de la République :



- qu'ils s'engagent à mettre en place une politique pénale de fermeté et des mesures législatives pour exclure de leur mandat tout élu ou membre de l'exécutif dans des cas de harcèlement sexiste ou d'agressions sexuelles avérés



- qu'ils nomment un gouvernement paritaire jusqu'à la fin du quinquennat, qui respecte une parité qualitative sur la répartition des responsabilités ministérielles



- un ré-examen de la loi NOTRe, qui portera très fortement atteinte à la parité dans les exécutifs des intercommunalités dans les années à venir.

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Dans la plaquette accompagnant le manifeste, le collectif présente des chiffres édifiants. 48 % des élus sont des femmes dans les villes de plus de 1.000 habitants, mais seuls 15 % des maires sont des femmes.

L’appel a été signé notamment par les candidats à la présidentielle Jean-François Copé, François Fillon, Nicolas Sarkozy, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg et Michèle Rivasi. Seul Bruno Le Maire a refusé de signer. Quant à Jean-Frédéric Poisson, il n’a pas été sollicité.



[BONUS TRACK] L’argument bancal de Bruno Le Maire pour refuser de signer le manifeste

Première raison avancée par le député de l’Eure : il a "pour principe de ne jamais signer de pétitions, manifestes ou d’appels", écrit-il à la fondatrice des JNFE dans un courrier que Le Lab a pu consulter. Surtout, Bruno Le Maire refuse de donner aux juges le pouvoir de décider si un élu ou membre du gouvernement condamné peut continuer ou non d’exercer ses fonctions. Il écrit :

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Dans ce manifeste, vous souhaitez que le juge puisse intervenir pour exclure un élu de son mandat. Je propose, pour ma part? de rendre public le casier judiciaire de tout candidat à une élection afin que les citoyens puissent prendre leur décision en toute connaissance de cause et demeurent ainsi le juge suprême dans notre démocratie.

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"Pourquoi se limiter" aux cas de harcèlement et agression sexuelles, ajoute un proche de Bruno Le Maire. "On pourrait aussi dire que toute personne condamnée pour enrichissement personnel ne puisse pas se présenter".

Sauf que l’argument de la transparence sur le casier judiciaire n’est pas totalement valable pour les ministres. Un membre du gouvernement n’est pas forcément élu - c’était par exemple le cas d’Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie. Dans ce cas précis, les électeurs ne pourraient pas choisir d’exclure du gouvernement un ministre condamné pour harcèlement sexiste ou agression sexuelle. Ce choix reviendrait au chef de l’État… et c’est précisément l’objet de cette pétition.

Du rab sur le Lab

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