Un proche de Benoît Hamon suggère à Arnaud Montebourg de changer de directeur de campagne car "il lui nuit gravement"

Publié à 09h44, le 17 janvier 2017 , Modifié à 10h58, le 17 janvier 2017

Un proche de Benoît Hamon suggère à Arnaud Montebourg de changer de directeur de campagne car "il lui nuit gravement"
Benoît Hamon et Arnaud Montebourg devraient prendre un verre de l'amitié pour apaiser les tensions entre leurs camps respectif. © AFP via Jeff Pachoud

THAT ESCALATED QUICKLY - Ça chauffe entre les camps Hamon et Montebourg. À quelques jours du premier tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire, les entourages des deux candidats, pourtant idéologiquement proches, s’écharpent.

Tout accélère dans la soirée du lundi 16 janvier, avec un apaisement le mardi matin.

# 19 heures

François Kalfon est l’invité du Club de la presse sur Europe 1. Le directeur de campagne d’Arnaud Montebourg affiche un certain mépris pour les propositions portées par Benoît Hamon, comme le revenu universel, qui doit mener au dépassement du travail, la légalisation du cannabis ou encore la sortie du nucléaire. Il déclare, tout en ironie :

Ça s'appelle la gauche Carambar : vous ouvrez un Carambar, vous y voyez une idée, elle est originale sans doute, irréalisable certainement, et puis vous agitez cela. Alors, demain, je vais annoncer la fin du travail, je peux le faire mais ça n'est pas un projet politique.

François Kalfon doute que le programme de Benoît Hamon permettra à la gauche de se rassembler et accuse plusieurs candidats (dont le député des Yvelines ?) de prétendre davantage au poste de Premier secrétaire du PS qu’à celui de président de la République :

 

Plus sérieusement, j'ai entendu un débat sur le dépassement du travail, sur le cannabis, sur la sortie précoce du nucléaire, mais est-ce que c'est avec ça que la gauche va être en capacité d'aller contre Fillon, de faire une majorité ? J'ai l'impression que parmi nos candidats, il y en a déjà un certain nombre qui ont renoncé à l’exercice du pouvoir et qui finalement sont candidats au premier secrétariat du Parti socialiste.

# 22h37

Mathieu Hanotin vient très certainement de prendre connaissance des déclarations de François Kalfon. Le porte-parole de Benoît Hamon lui adresse un tweet comprenant une image du rassemblement (salle comble, semble-t-il) de son poulain le soir même, et une photographie d’un meeting de Manuel Valls dans une salle à moitié vide. Comprendre : les propositions de Benoît Hamon sont sérieuses puisqu’il attire du monde, contrairement à l’ancien Premier ministre. Mathieu Hanotin propose alors à François Kalfon de participer à ce concours de public :

Pour comparer, tu m’envoies une photo de vos stand up ou tu préfères continuer à parler confiserie ?

Arnaud Montebourg s’est spécialisé dans les stand up, dont le dernier en date était l’après-midi même, dans les rues de Lille. Attire-t-il autant de personnes que Benoît Hamon dans un meeting ? Mathieu Hanotin serait très curieux de savoir cela. La comparaison paraît pourtant difficile et abusive puisqu’un stand up est improvisé, à la différence d’un meeting qui est organisé.

# 22h39

Immédiatement, François Kalfon répond au tweet de Mathieu Hanotin d’un très moqueur :

Détends-toi, mon ami.

Ce qui ne répond pas à la question de Mathieu Hanotin. François Kalfon essaie plutôt d’éteindre la polémique *confiserie* qu’il a lui-même allumée quelques heures auparavant.

# 23h51

Pascal Cherki, proche de Benoît Hamon, n’est pas convaincu par la tentative d’extinction de polémique de François Kalfon. Par "respect" pour Arnaud Montebourg, il lui suggère de "changer de directeur de campagne" car ce dernier "lui nuit gravement".

Jusqu’ici, François Kalfon s’en était surtout pris à Manuel Valls, dont il estimait qu’il faisait "bêtise sur bêtise", et dont il avait moqué les soutiens pléthoriques. "La campagne de name-dropping, c’est bien mais totalement old-fashion. Quelle est la valeur ajoutée ? […] Valls fait fausse route, il est dépendant d’une légitimité extérieure", avait-il attaqué.

Une semaine plus tard, le camp Montebourg a changé de stratégie et s’en prend à Benoît Hamon, qui devient un concurrent de plus en plus sérieux pour l’ancien ministre du Redressement productif. Pour l’heure, les deux candidats eux-mêmes ne se sont pas vraiment écharpés, concentrant leurs attaques sur Manuel Valls.

Cela augure-t-il d’un affrontement Montebourg/Hamon lors du troisième débat jeudi ? Pas sûr. Car ce mardi matin, c’est un François Kalfon beaucoup plus apaisé qui s’excuse sur le plateau d’iTélé. Il déclare, à propos du camp adverse :

J’ai vu qu’ils étaient pas très contents. En plus, ce sont mes amis. J’ai beaucoup d’affection pour Benoît Hamon. Ça a suscité une polémique de cour d’école sur Twitter. C’est vraiment pas au niveau du débat. Il faut élever le débat, d’ailleurs je m’excuse de l’avoir abaissé. Ce que je voulais dire, c’est quelque chose de très important sur l’enjeu de la primaire, qui est d’avoir un candidat qui est crédible face à monsieur Fillon, face à la droite et l’extrême droite. Ça n’est pas de désigner le chef d’un camp de la gauche qui aurait déjà perdu. Si nous faisons ça, alors autant faire un petit congrès du Parti socialiste.

La nuit lui a probablement porté conseil. Ou peut-être s’est-il fait taper sur les doigts par Arnaud Montebourg.

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