VIDÉO – Et là, la ministre des Outre-mer présente au mégaphone ses "excuses au peuple guyanais"

Publié à 06h42, le 31 mars 2017 , Modifié à 06h56, le 31 mars 2017

VIDÉO – Et là, la ministre des Outre-mer présente au mégaphone ses "excuses au peuple guyanais"
Ericka Bareigts © AFP

C’est une scène hallucinante, peu courante dans la vie politique. Jeudi 30 mars, la ministre des Outre-mer, rendue en Guyane avec Matthias Fekl, le tout nouveau ministre de l’Intérieur, a présenté ses "excuses au peuple guyanais", en référence à des années de sous-investissement de Paris dans ce territoire. Depuis le perron de la préfecture de Guyane, Ericka Bareigts a lancé avec un mégaphone :

"

Au bout de tant d'années, c'est à moi que revient l'honneur de dire, au-delà de ma petite personne, au-delà des fonctions, toutes mes excuses au peuple guyanais.

"

En contrebas, les centaines de personnes qui avaient manifesté leur méfiance à son égard, ainsi qu'à celui du ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, ont applaudi et poussé des cris de joie.

A voir en vidéo :

Les négociations visant à sortir la Guyane de dix jours de conflit social, qui avaient démarré dans une ambiance très lourde, sont reparties du bon pied après ces excuses ministérielles. Critiquée pour avoir tardé à venir en Guyane, malgré l'importance du mouvement social, Ericka Bareigts s'était déjà excusée quelques minutes plus tôt devant une délégation d'une cinquantaine de Guyanais que Matthias Fekl et elle-même avaient reçue.

"Si j'ai blessé la Guyane, je ne sais de quels maux, mais si j'ai blessé la Guyane, alors ça ne sera pas moi, Ultramarine, qui reculera devant des excuses, a-t-elle déclaré. Pour beaucoup de choses, si on s'était excusé, peut-être qu'on aurait avancé beaucoup plus sereinement et qu'on n'en serait pas arrivé là aujourd'hui".

Ces excuses officielles ont fortement inversé la tendance à Cayenne, où le déplacement des deux ministres, arrivés mercredi soir, s'était fait dans une ambiance électrique. "Il s'est passé quelque chose de fort. Les conditions de la confiance sont là", s'est félicité le ministre de l'Intérieur, lors d'un entretien avec l'AFP et Le Monde.

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