[VIDÉO] L'énorme moment de solitude de François Hollande pendant que le président du Bénin met une plombe à répondre à une question

Publié à 13h00, le 03 juillet 2015 , Modifié à 19h13, le 03 juillet 2015

[VIDÉO] L'énorme moment de solitude de François Hollande pendant que le président du Bénin met une plombe à répondre à une question
© Captures d'écran Élysée.fr

PLUS C'EST LONG… - François Hollande est un homme pressé. Et même s'il apprécie les conférences de presse, il préfère quand ça ne s'éternise pas trop. Thomas Boni Yayi est peut-être ravi d'accueillir le chef de l'État français, mais bon sang, ce dernier aimerait beaucoup que son homologue béninois ne mette pas une plombe à répondre à une simple question d'un journaliste.

Comme l'a repéré BFMTV, François Hollande a eu un mal fou à cacher son impatience, jeudi 2 juillet, lorsque Thomas Boni Yayi a mis plus de sept minutes à répondre. Et sept minutes, ça peut être long. Très long. Incroyablement long.

Du coup, le chef de l'État a essayé de s'occuper comme il pouvait. Et vas-y que je tapote sur mon pupitre, que je regarde mes boutons de manchette, que je me gratte le front et remet en place une mèche de cheveux imaginaire, que je range bien mes feuilles, que je regarde la salle à la recherche d'un regard amical, que je souris puis ne souris plus, que je ris avec un spectateur, que je me tourne vers mon homologue pour lui signifier que bon, c'est sympa, mais il faudrait penser à conclure à un moment.

Voyez ci-dessous l'extrait découpé par BFMTV :



Car le problème est que Thomas Boni Yayi est un petit peu parti dans tous les sens dans sa réponse. La question était pourtant concise, ce qui n'est pas toujours le cas : "Monsieur le président de la République, vous venez de recevoir pour la première fois sous l'ère démocratique un président français sur le sol béninois. Est-ce que vous pouvez nous dire ce que représente aujourd'hui l'intérêt de la France pour le Bénin ? Merci."



La réponse, en revanche, est un brin décousue, le président béninois abordant de nombreux sujets, de l'agriculture, à la conférence sur le climat en passant par Jacques Chirac et François Mitterrand.  Voici sa réponse in extenso, au cas où François Hollande n'aurait pas tout compris :

Vous m'offrez l'occasion de renouveler… toute la gratitude… du Bénin… toute la gratitude de son peuple, de ses institutions, à l'endroit de notre cher ami le président de la République française, de toute la délégation qui l'accompagne, son gouvernement et le peuple français parce que le président est venu ici… en… j'allais dire faire entorse… en bousculant son agenda. Vous savez bien pourquoi je parlais du rôle de leadership.



Toute la question que vous avez posée ne concerne pas que la France, elle concerne le monde entier… Donc en réalité la France joue un rôle important dans la gouvernance des affaires de notre planète et, en dépit de cela, qu'il trouve ce moment pour venir nous voir, je pense quand même que c'est une marque d'amour, une marque d'amitié inoubliable… par tout un peuple… Et en plus de cela, le séjour a été marqué par des gestes de générosité, des accords, des financements qui ont été signés, vous avez bien suivi.



D'abord nous avons rappelé ce que nous avons fait par le passé dans le cadre du partenariat qui nous lie… et ce que nous allons faire… et sur tous les secteurs très importants qui répondent à nos préoccupations aujourd'hui. Les questions liées à l'agriculture, ou j'allais dire, si peut-être on veut être plus précis, l'adaptation du continent dont le Bénin, aux conséquences du changement climatique. Je crois que dans cet accord-là, on a tenu compte… de l'appui, disons, à l'agriculture si important, à l'information, de l'appui… à la formation professionnelle, technique, à la reconversion… l'assainissement. C'est autant de secteurs aujourd'hui qui constituent un défi, ou j'allais dire dont la prise en compte constitue un défi. Donc vous comprendrez très bien que c'est un sentiment de joie, de reconnaissance qui m'anime.



Et en plus de cela, je pense que nous avons eu des échanges très fructueux, très très fructueux, qui concernent les affaires de notre sous-région, du continent, de notre monde, et surtout comment nous allons procéder. Tenez, la conférence de Paris… Cap21 ou Cop21 pardon, Cop 21, Paris 15, c'est la 21e conférence. Pour moi je considère que une conférence de dernière chance, c'est-à-dire que nous devons appuyer le président et la République française pour que cette conférence réussisse parce que nous sommes tous concernés.



Nous partons de Rio pour arriver, je crois, à une nouvelle orientation où nous disons que désormais, pour tenir compte des dégâts que toute la planète vit en ce moment, il faut qu'on arrive à... comment dirais-je… à un statut juridique, que nous puissions, si c'est un traité, ou en tous cas quelque chose de plus contraignant, et que chacun prenne des engagements fermes ! Du point de vue du financement, du point de vue des réductions des émissions de gaz, du carbone, et que cette fois-ci nous y allons définitivement pour régler cette question-là. Voilà. Je pense que si à Cotonou on réaffirme cette volonté, que le président est venu réaffirmer cette volonté, nous ne pouvons que nous en féliciter.



Enfin, je crois que ça a été dit, c'est la première que nous recevons un président de la République française, qui accepte de vivre comme nous, de passer la nuit au Bénin. C'est vrai que le président Chirac est passé - je le remercie, je lui souhaite toujours une longue vie - dans le cadre d'une conférence. Le président Mitterrand je crois que c'était dans une visite d'une journée. Et maintenant je crois que le président… le président de la république française… François Hollande, pour moi vient de poser un acte que tout Béninois doit pouvoir garder, un acte inoubliable. Ceci est très important. Et ceci en dépit de son agenda on ne peut plus chargé.



Donc vous m'offrez l'occasion de le remercier une fois de plus, de bien vouloir accepter nos remerciements, notre gratitude et ceci non seulement au nom du peuple béninois mais aussi de toute une sous-région et de notre continent. Il est ici, il va ailleurs toujours pour ces questions qui assurent la sécurité humaine dans le monde, ce monde nouveau que nous souhaitons de tous nos vœux et qu'il puisse franchement par là nous permettre, disons, d'assurer une gouvernance concertée et que nous puissions en finir avec les inégalités, qu'on puisse relever les défis nombreux au nombre desquels figurent, disons, l'éradication de la pauvreté et du chômage de la jeunesse. Voilà.



Donc moi je pense, monsieur le président, nous vous disons merci pour cette visite.

Ouf ! 7 minutes et 30 secondes plus tard, François Hollande peut sortir de sa solitude. Enfin ! Notez ce sourire de soulagement sur la tête du président français :





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