VIDÉO – Pour relativiser la question de la couleur de peau, Alexis Corbière explique qu’il est très "bronzé" l’été

Publié à 15h27, le 22 novembre 2017 , Modifié à 15h34, le 22 novembre 2017

VIDÉO – Pour relativiser la question de la couleur de peau, Alexis Corbière explique qu’il est très "bronzé" l’été
© AFP

C’est dans son département, la Seine-Saint-Denis, qu’un stage syndical sur "l’antiracisme à l’école" est organisé – et fait débat. Alexis Corbière est donc logiquement interrogé sur cet événement proposé par Sud éducation 93.

Après que le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a porté plainte en diffamation contre le syndicat organisateur pour avoir notamment parlé de "racisme d'État", l’élu de La France insoumise explique pourquoi il est, lui aussi, opposé aux réunions non-mixtes. Sur LCP mercredi 22 novembre, il déclare :

 

Par définition, une réunion syndicale, je souhaite qu’elle soit ouverte à tous les syndiqués et je ne souhaite pas que l’on mette en place un système où en quelque sorte, je vais le dire un peu simplement, en fonction de la couleur de la peau, on peut se réunir ou pas. Je suis pas d’accord. Moi je suis un universaliste, un républicain, je pense que, ce qu’il y a de formidable dans notre pays, c’est qu’il est basé sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Et si on rentre dans un système, fût-ce au nom du fait qu’il y a des discriminations qu’il faut combattre, où des réunions sont ouvertes à certains et pas à d’autres, je crois que nous avons perdu. [...] C’est une assignation à résidence identitaire, moi je suis pas d’accord. Ça enferme les gens dans des cases. Nous sommes un peuple civique, une nation civique, pas une nation ethnique. Bien sûr, c’est un combat de dire ça. Ce que je dis là est une proclamation philosophique. Ça reste encore à réaliser. Attention à la perversion ! Imaginons demain qu’un syndicat ou une organisation dise : 'Moi, je fais une réunion de blancs.' On trouverait ça choquant. Et pour autant, ils pourraient répondre qu’on accepte l’idée que certains se réunissent en fonction de la couleur de la peau.

Et c’est après ce raisonnement détaillé qu’intervient un argument foireux pour le moins inattendu. Voici comment Alexis Corbière explique que la couleur de peau n’est pas très importante :

Et puis, Danielle Sportiello, c’est quoi, la couleur de la peau ? Moi, je suis né à Béziers. L’été, vous savez, je suis plus bronzé parfois que quelqu’un qui est né de l’autre côté de la Méditerranée. On va rentrer dans des définitions qui nous rendent tous fous. L’idée, c’est pas de cultiver les différences, c’est voir comment nous faisons des choses qui nous rassemblent.

Sud éducation 93 a convié les enseignants, sur son site, à participer à un stage de deux jours, les 18 et 19 décembre prochains, intitulé "Au croisement des oppressions. Où en est-on de l'antiracisme à l'école ?"

Dans la série d'ateliers organisés, deux se dérouleront en "non-mixité", selon le programme affiché sur le site, qui précise par ailleurs que le stage est quasiment complet. "Pratiques de classes: outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe" le lundi matin et "atelier récit d'expérience : quelle vie professionnelle pour les enseignant-e-s racisé-e-s?".

L'expression "non-mixité" a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Les groupes en non-mixité peuvent être réservés à des personnes "racisées" (qui s'estiment victimes de préjugés ou de discrimination racistes en raison de leur origine), ou à des personnes se réclamant du genre féminin ou du genre masculin.

Dans un communiqué, Sud éducation 93 note que le stage est annoncé sur le site depuis la mi-octobre, "sans avoir suscité la moindre réaction" et dénonce la référence à un "tri des origines" dans la bouche du ministre. Le syndicat, minoritaire dans l'Education nationale, indique qu'un dépôt de plainte "est en cours" concernant des insultes téléphoniques reçues ces derniers jours.

Du rab sur le Lab

PlusPlus