VIDÉO - Quand François Bayrou étrillait Emmanuel Macron, le candidat du "pouvoir de l'argent"

Publié à 17h34, le 22 février 2017 , Modifié à 21h53, le 22 février 2017

VIDÉO - Quand François Bayrou étrillait Emmanuel Macron, le candidat du "pouvoir de l'argent"
François Bayrou © Montage via ROZ GAIZKA / AFP

Fin du suspense : François Bayrou a annoncé ce mercredi 22 février que : 1) il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et 2) il a formulé une proposition d'alliance à Emmanuel Macron. "J'ai jugé que le moment était venu de choisir une voie plus généreuse et plus ouverte", a déclaré le centriste lors de sa conférence de presse.

Cette voie est probablement généreuse. Elle signe aussi un *petit* revirement de la part de François Bayrou qui, en tendant la main à l'ancien ministre de l'Économie, se renie lui-même. Au moins en partie.

En septembre 2016, alors qu'il soutenait Alain Juppé pour la primaire de la droite, Et voici ce qu'il avait déclaré sur BFMTV à propos d'Emmanuel Macron. Attention, les propos sont violents et prononcés par un professionnel. N'essayez pas de les reproduire chez vous :

 

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Je suis absolument sceptique sur cette affaire, et quand je dis sceptique, c'est le mot le plus modéré que je puisse choisir. Ça ne marchera pas, parce que les Français vont voir ce que cette démarche signifie, ce qu'il y a derrière tout ça, derrière cet hologramme. Il y a une tentative qui a déjà été faite plusieurs fois de très grands intérêts financiers et autres, qui ne se contentent plus d'avoir le pouvoir économique, ils veulent avoir le pouvoir politique.



Et d'ailleurs, c'est très simple, posez-vous une question : pourquoi ces heures et ces heures de télévision en direct ? Pourquoi ces couvertures de magazines, pourquoi ces pages et ces pages autours de photographies couleur autour d'histoires qui sont vous l'avouerez assez vides ? Pourquoi tout ça ? Parce qu'on a déjà essayé plusieurs fois…



On a déjà essayé en 2007 avec Nicolas Sarkozy, ça n'a pas très bien marché. On a essayé en 2012 avec Dominique Strauss-Kahn… Et ce sont les mêmes forces qui veulent réussir avec Macron ce qu'elles ont raté avec Strauss-Kahn. Or pour moi, c'est absolument central, je ne suis pas pour que le pouvoir de l'argent prenne le pas sur la politique.



[…] Toute ma vie, je me suis toujours opposé au mélange des genres entre la décision politique, qui doit être d'ordre civique, et le monde des grands intérêts et celui de l'argent. Ce n'est donc pas mon terrain. C'est le contraire de mon terrain. Au fond, il y a la séparation de l'Église et de l'État. Moi je suis pour la séparation de l'État et de l'argent. [...] Je ne suis pas pour que le pouvoir de l'argent prenne le pas en politique. Il faut en tenir compte, il faut le savoir il faut le connaître, il faut favoriser quand on peut l'activité et la création de richesses. Mais il ne faut pas que l'un ait le pas sur l'autre.

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Une séquence à voir ci-dessous en vidéo :

Ce mercredi, et alors que de nombreux soutiens de François Fillon ressortaient cette séquence, François Bayrou a tenu à apporter plusieurs précisions. Et notamment celle-ci, de taille : proposition d'alliance ne signifie pas ralliement. Et surtout, il a conditionné son soutien à la promesse d'une loi de moralisation de la vie publique, en particulier de lutte contre les conflits d'intérêts. Comme quoi, on peut changer d'avis tout en restant un peu cohérent. Au 20 heures de France 2, François Bayrou a d'ailleurs assuré :

 

 

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Si je n’avais pas eu cette assurance, cette garantie, que nous allons enfin en France imposer une loi qui empêche les grand intérêts et le monde de l’argent de prendre le pas sur le monde politique, je n’aurais pas fait cette alliance.

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Des internautes ont ressorti une autre archive. En septembre 2016, invité de Questions Politiques France Inter / Le Monde / FranceInfo:, le président du MoDem disait ceci à propos de son nouvel allié : 

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Je ne me reconnais pas dans ce qu'Emmanuel Macron incarne. [...] Le projet de société d'Emmanuel Macron est au fond infiniment proche de celui que défendait Nicolas Sarkozy en 2007

 

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Ce qui, dans la bouche de François Bayrou n'est pas un compliment



Et François Bayrou de rappeler encore une fois le CV d'Emmanuel Macron, qui a notamment travaillé au sein de la banque Rotschild.

 

[EDIT 21h50] Ajout des déclarations de François Bayrou sur France 2.

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