VIDÉO - Terrorisme et fraude dans les transports : ce qu'a vraiment dit Valérie Pécresse

Publié à 12h04, le 23 novembre 2015 , Modifié à 12h06, le 23 novembre 2015

VIDÉO - Terrorisme et fraude dans les transports : ce qu'a vraiment dit Valérie Pécresse
Valérie Pécresse © AFP

MEA CULPA - Valérie Pécresse a-t-elle expliqué que la fraude dans les transports en commun pouvait mener au terrorisme, ou en tous cas que les deux phénomènes était intimement liés ? C'est ce qui ressortait d'une citation extraite d'un meeting de la candidate de la droite et du centre aux régionales en Île-de-France, dimanche 22 novembre. Un propos en réalité incomplet et tronqué, l'explication complète de Valérie Pécresse étant plus complexe que cela.

Dimanche soir, nous avons relayé dans un article cette fameuse phrase de l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy : "La sécurité passe par un changement de modèle : dès qu’on commence à franchir les portillons dans le métro, à taguer, ça veut dire qu’on peut tout se permettre. L’un des terroristes a été filmé dans le métro en train de frauder. Cela commence par là."

Une citation rapportée telle quelle par Libération et selon laquelle le terrorisme a un lien avec les incivilités comme la fraude. La tête de liste LR faisait alors référence à Abdlehamid Abaaoud, l'un des organisateurs présumés des attentats de Paris et Saint-Denis, abattu par les forces de l'ordre mercredi dernier et filmé, le soir des attentats, en train de frauder à la station de métro Croix de Chavaux, à Montreuil.

Sauf que ce n'est pas exactement ce qu'a expliqué Valérie Pécresse. France 3 Paris Île-de-France publie la vidéo de ce passage de son discours, lundi 23 novembre.

La candidate dissertait en fait de sa marotte de campagne : la sécurité de manière générale, et plus précisément dans les transports en commun. Elle expliquait notamment que les incivilités (dégradations, tags, fraude) ne sont qu'un point de départ pour les individus qui les commettent, car "ça veut dire qu'on peut tout se permettre". Elle a alors fait une digression, certes surprenante, sur cette vidéo montrant Abdelhamid Abaaoud en train de frauder dans le métro. Une incise censée illustrer le sentiment d'"impunité" qui habitait le terroriste et la nécessité de "rétablir l'autorité partout et pour tous".

Voici ce que Valérie Pécresse a expliqué :

Moi, je fais partie de ceux qui disent que dès qu'il y a un carreau cassé, c'est fini, ça veut dire qu'on peut casser tous les autres. Dès qu'on commence à frauder dans le métro ou le RER ou dans le train, dès qu'on commence à taguer les rames, eh ben ça veut dire qu'on peut tout se permettre, finalement.



Et je sais pas si vous avez vu mais moi, il y a quelque chose qui m'a frappée, c'est que le terrible barbare terroriste qui a été tué à Saint-Denis, Abaaoud, eh ben il avait été filmé par la caméra à la gare de Montreuil, en train de sauter par-dessus le portillon. Il se sentait tellement en impunité sur le sol français qu'il pouvait même se permettre de frauder dans le métro sous l'oeil de la caméra. Alors moi je vais vous dire : il faut qu'on reprenne les choses en main. On peut plus aujourd'hui être angélique face à ce qui se passe. Il faut qu'on rétablisse l'autorité partout et pour tous. Et ça commence par la fraude dans les transports, ça commence par le respect de la loi partout.





Elle ne dit ni ne sous-entend pas que c'est parce qu'un individu fraude qu'il est un terroriste en puissance.

Mea culpa, donc.

En revanche, elle se sert sans complexe de ce comportement d'Abdelhamid Abaaoud pour justifier ses propositions de campagne quant à la sécurité dans les transports en commun. Mais c'est un autre sujet.

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