VIDÉOS – Grand n'importe quoi à l'Assemblée : Olivier Faure conteste toute forme de bizutage de la majorité par l'opposition

Publié à 11h42, le 28 juillet 2017 , Modifié à 14h42, le 26 décembre 2017

VIDÉOS – Grand n'importe quoi à l'Assemblée : Olivier Faure conteste toute forme de bizutage de la majorité par l'opposition
Olivier Faure, président du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée nationale. © Montage le Lab

Chaque jour de débat sur le projet de loi pour la confiance dans la vie publique est un parcours du combattant. Le grand nombre de rappels au règlement des cadors de l'Assemblée en est une preuve. Mais jeudi 27 juillet, au soir, le *grand n'importe quoi* a atteint des sommets, avec le départ de l'hémicycle des députés La France insoumise pour un vote contesté, puis de Les Républicains pour protester sur le report au vendredi du vote en commun sur les deux textes à l'étude.

Ainsi accusée par la majorité d'avoir fait le show pour déstabiliser les députés néophytes, l'opposition gronde, ce vendredi, par la voix du président du groupe Nouvelle gauche Olivier Faure. Le socialiste a, de nouveau, fait un rappel au règlement pour se défendre d'avoir voulu bloquer les débats. Il déclare :

 

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Je ne voudrais pas que s'installe cette idée et cette interprétation d'une forme un peu paranoïaque de vision de ce que sont nos séances. Le fait de contester une décision, le fait de revenir sur un événement, ne doit pas conduire à une vision complotiste. Il n'y a pas ici des gens qui cherchent à tester la présidence de séance.

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Dans la nuit de jeudi à vendredi, le conseiller politique d'Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, avait accusé les membres de l'opposition, via Twitter, de vouloir "tester la résistance de la majorité en multipliant les incidents de séance".

 

Même Christian Jacob, qui a pourtant lui aussi quitté l'hémicycle jeudi soir, avait employé cette expression, accusant Jean-Luc Mélenchon de "tester la présidence". Le patron des députés LR s'interrogeait s'il y aurait des séances "où on peut venir en short et en tongs, avec des cagettes de tomates".

 

Les nombreux incidents de séance qui ont eu lieu ces derniers jours ont étéqualifiés de "bizutages", notamment par François de Rugy. Le tenant du Perchoir avait alors confié qu'"il y a peut-être des anciens et des anciennes députés qui profitent un peu de la situation pour faire du bizutage, notamment de celles et ceux qui me secondent à la présidence des séances". Dans la même verve, Christophe Castaner avait accusé les députés "vieux briscards" un peu misogynes d’être à l’origine du n’importe quoi à l’Assemblée.

 

 Mais pour le chef de file des socialistes au Palais Bourbon, point de "bizutage" dans la tenue des séances parlementaires :

 

 

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Je rappelle que quand le premier incident, sur le vote de l'amendement du MoDem, est né, c'était un amendement de la majorité. Il y a eu contestation du vote. Nous avons demandé qu'il y ait une deuxième délibération. Non pas pour enquiquiner qui que ce soit, mais pour permettre une sortie par le haut. [...] Et donc, je souhaiterais pour cette séance et les prochaines que nous fassions en sorte de ne pas nous regarder comme si nous étions des adversaires irréductibles, nous pouvons l'être sur le fond, jamais sur la procédure.

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Une séquence captée par LCP à voir ci-dessous :

 

Enfin, Olivier Faure revient sur les nombreuses remarques qui ont été faites aux trois principaux représentants de la majorité à l'Assemblée : François de Rugy, Christophe Castaner et Richard Ferrand, critiqués pour leurs absences remarquées dans l'hémicycle, n'y venant que pour éteindre les incendies. Le député PS explique alors :

 

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Si hier il n'y avait ni président de l'Assemblée, ni ministre des relations avec le Parlement, ni président du groupe majoritaire, ce n'était pas notre faute. Nous avons cherché à chaque fois à arranger les choses et à faire que tout se passe dans les meilleurs conditions. [Il est applaudi, Christophe Castaner lui dit quelque chose] Monsieur le ministre, ce n'est pas une question de droite et de gauche. Il s'agit de la conduite de nos débats. Et cette question devrait tous nous lier, parce que l'Assemblée, c'est notre bien commun. Ce qu'il se passe ce matin dans la presse, ce n'est pas une victoire des uns sur les autres, c'est un échec collectif, global, parce que cette Assemblée, elle est ridicule. Et ce que je souhaite, c'est que nous la rendions respectable.

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Quelques minutes plus tard, Marc Fesneau, président du groupe MoDem, répond à Olivier Faure, lui expliquant qu'il doute de la sincérité de son intervention :

 

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Toute occasion a été bonne pour faire des rappels au règlement. Ne vous parez pas de la pureté virginale de l'enfant qui vient de naître. On est assez lucide sur l'exercice qui est fait.

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Normalement, les débats autour de la loi pour la confiance doivent s'achever ce vendredi. Sous réserve que les députés votent tous les amendements et articles d'ici là, ce qui n'est pas gagné, compte tenu de l'ambiance actuelle.

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