Visite en Corrèze perturbée par GM&S : Emmanuel Macron somme ceux qui "foutent le bordel" d’aller chercher "des postes"

Publié à 20h46, le 04 octobre 2017 , Modifié à 21h30, le 04 octobre 2017

Visite en Corrèze perturbée par GM&S : Emmanuel Macron somme ceux qui "foutent le bordel" d’aller chercher "des postes"
© GEORGES GOBET / AFP

Fainéants, épisode II ? Emmanuel Macron effectuait, ce mercredi 4 octobre, une visite à Egletons (Corrèze) sur le campus de l'Ecole d'application aux métiers des travaux publics, premier campus français dans le BTP. Pendant ce temps, des salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S manifestaient en ville. Une grosse bousculade les a opposés aux forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

Lors de cette visite, Alain Rousset, président PS de la région Nouvelle Aquitaine, a évoqué la fonderie Constellium, à Ussel, qui "n’arrive pas à recruter" alors qu’il y a "des marchés jusqu’en 2022". Ce à quoi le Président a rétorqué :

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Y’en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire, hein. Et c’est pas loin de chez eux.

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Une phrase captée par le "pool" de journalistes présents, à réécouter ci-dessous.

Si Emmanuel Macron ne vise pas explicitement les manifestants de GM&S, il est difficile de savoir qui d’autre pourrait être concerné par ces propos. Des propos qui ne sortent pas de nulle part, le chef de l'État ayant par le passé annoncé ne rien céder aux "fainéants" concernant la réforme du Code du travail, assuré que "les Français détestent les réformes" ou expliqué à un militant CGT que "la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".

Sur Twitter, le porte-parole de l’Élysée a dénoncé une "citation tronquée sortie de son contexte".

Même défense du côté du député LREM Hervé Berville, qui a tenté sur le plateau de BFMTV de décrypter cette *pensée complexe* d’Emmanuel Macron :

 

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On sait bien que dans tout groupe, toute organisation, il y a des agitateurs, donc là il pointe les agitateurs. En fait, ce qu’il essaie de mettre en exergue et en perspective, c’est que par exemple, dans le cas de Whirlpool, si on a pu avoir une reprise d’une activité, c’est qu’on a eu un dialogue social qui était de qualité. Tout le monde a essayé de sortir par le haut de cette situation et ensuite l’État a soutenu et on a eu des syndicats qui étaient dans leur rôle de faire en sorte qu’il y ait une reprise de l’activité et que les gens retrouvent un emploi.

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Deuxième employeur privé de la Creuse avec 276 salariés, GM&S a été placé en liquidation fin juin, au terme de plusieurs mois de manifestations, blocages et tractations, qui en ont fait un dossier social chaud des derniers mois du gouvernement Cazeneuve, puis des premiers mois du gouvernement Philippe.

Le tribunal de commerce a validé le 7 septembre la reprise du site par l'entreprise GMD (Groupe Mécanique Découpage), spécialisée dans l'emboutissage, la plasturgie et la fonderie, avec à la clé la suppression de 156 emplois.

Mais les salariés avaient voté la continuation de leurs actions, avec pour mot d'ordre "plus de salariés repris" et une "prime supralégale" pour les salariés licenciés.

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