Attentat à Charlie Hebdo : pour Julien Dray, le FN n'a pas sa place dans la manifestation du dimanche 11 janvier

Publié à 13h17, le 08 janvier 2015 , Modifié à 16h01, le 08 janvier 2015

Attentat à Charlie Hebdo : pour Julien Dray, le FN n'a pas sa place dans la manifestation du dimanche 11 janvier
Julien Dray © LIONEL BONAVENTURE AFP

On ignore encore quels politiques participeront à la manifestation du dimanche 11 janvier, à Paris, après les attentats terroristes contre Charlie Hebdo. Ce que l'on sait, en revanche, c'est que le PS se divise sur la question du FN. Faut-il convier le parti de Marine Le Pen à la marche organisée dans la capitale ?

Ce jeudi 8 janvier, Julien Dray a été on ne peut plus clair : le FN n'est pas le bienvenu, selon lui, dans le cortège. Il l'a écrit sans détour sur Twitter, estimant que le parti créé par Jean-Marie Le Pen "reste marqué par son histoire".

L'ancien ministre de la Ville François Lamy partage l'avis de Julien Dray. Également sur Twitter, il a jugé que "seuls les partis républicains, qui ne stigmatisent pas et n'agitent pas les peurs organiseront le rassemblement de dimanche". 

Une position en totale contradiction avec celle d'Olivier Faure. Au Talk Orange Le Figaro, ce jeudi 8 janvier, le porte-parole du PS a au contraire jugé qu'il ne fallait "exclure personne" de ce rassemblement. Il a dit :

Tous ceux qui souhaitent manifester dimanche leur solidarité avec Charlie Hebdo et leur réprobation face au fondamentalisme devraient pouvoir être présents physiquement.

De son côté, Marine Le Pen a déclaré sur France 2 qu'elle attendait que Manuel Valls l'appelle, comme il a appelé Nicolas Sarkozy. "Monsieur Valls a appelé Sarkozy pour l'(y) convier. J'attends que mon téléphone sonne pour que le Premier ministre invite évidemment la représentante d'un parti qui a fait 25% aux dernières élections à se rendre à cette manifestation d'unité nationale", a déclaré la présidente du FN.

Wallerand de Saint-Just, ancien candidat FN aux municipales à Paris et trésorier du FN, a répondu à Julien Dray, accusant l'ancien député d'avoir "de très grandes responsabilités dans le massacre d'hier".

D'autres responsables du Front national ont réagi dans la foulée, à l'instar de Marion Maréchal Le Pen. La députée du Vaucluse accuse Manuel Valls et François Hollande de ne pas montrer un "comportement digne" en ne les conviant pas officiellement à la marche républicaine, dans les colonnes du Parisien :

C’est petit. Ce n’est pas un comportement digne d’un Premier ministre et d’un président de la République.

Selon elle, il s'agit là d'une volonté de "faire taire [le FN]" de la part de l'UMP et du PS qui "ont une part de responsabilité dans ces événements"

Ils parlent tous d’unité nationale, mais c’est juste un slogan ! Si il y avait vraiment unité, nous serions invités. Pour eux, c’est une façon de tenter de nous faire taire. Mais la la vérité, c’est que l’UMP et le PS ont une part de responsabilité dans ces événements. C’est eux qui ont laissé l’islamisme radical grandir sur le territoire français.

Le numéro 2 du parti frontiste, Florian Philippot, a quant à lui jugé, sur France Info, que si le gouvernement n'invitait pas le FN, il "prendrait la responsabilité d'avoir brisé l'unité nationale". "Ce serait une faute morale extrêmement lourde", a-t-il ajouté, estimant que sans le FN dans le cortège, "ce ne serait pas une manif pour l'unité, mais une manif banale UMPS".

Enfin Nicolas Bay, secrétaire général du parti et eurodéputé, estime que le PS et l'UMP veulent "se retrouver entre amis dimanche" et que "ceux qui ne sont pas responsables du chaos actuel" ne sont pas "autorisés à venir" :

[EDIT 13h23] Ajout déclaration de Wallerand de Saint-Just

[EDIT 13h29] Ajout déclaration de François Lamy

[Edit 15h55 : ajout des déclarations de Marion Maréchal Le Pen, Florian Philippot et Nicolas Bay]

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