Benoît Hamon : "Le FN est le premier parti de France"

Publié à 18h16, le 24 août 2014 , Modifié à 18h26, le 24 août 2014

Benoît Hamon : "Le FN est le premier parti de France"
Benoît Hamon à Frangy-en-Bresse le 24 août 2014. © images i>Télé

Les deux ministres étaient réunis à Frangy-en-Bresse pour la Fête de la Rose d'Arnaud Montebourg et ont poursuivi leur offensive anti-rigueur, commencée la veille dans les médias. Et parmi les arguments avancés par Benoît Hamon pour réorienter la politique économique vers un meilleur soutien au pouvoir d'achat s'est trouvé le risque du Front national. Le ministre de l'Education nationale, leader de l'aile gauche du PS, n'hésite pas à le dire : "Le FN, c'est le premier parti de France".

Le FN c’est le premier parti de France. On peut siffler, on a raison de le faire mais c’est le premier parti de France et c’est un parti qui a de la ressource parce qu’il est adossé aux classes populaires et aux classes moyennes et que le nombre de jeunes qui votent pour lui, lui assurent un avenir prospère. A regarder le nombre de jeunes Français qui ont voté pour lui alors que c’était leur premier vote aux municipales et aux européennes, il y a de quoi s’inquiéter.

Pour Benoît Hamon, la présence de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2017 est désormais un fait et la seule question restante concerne la couleur politique de son opposant :

Si on regarde les derniers sondages c’est cette question qui est posée ; ça n’est plus seulement de savoir si elle sera au second tour mais de savoir qui de nous ou de l’UMP sera qualifié pour l’affronter ?

Et le ministre de revenir à l'objectif de sa démonstration : la réorientation de la politique économique vers une relance de la demande - et non uniquement axée sur la compétitivité des entreprises - est majeure pour convaincre les électeurs séduits par le FN :

Quand on a un tel socle de soutien dans les classes populaires et moyennes, qui se nourrit de la défiance à l’égard du politique, notre responsabilité politique - pas par clientélisme électoral mais par souci de préserver la Nation de ce péril - c’est de répondre aux classes populaires et moyennes sur la question économique et sociale.

Dans son dos, on peut alors entendre le soutien d'Arnaud Montebourg : "Bravo Benoît"

Un Arnaud Montebourg qui, pour sa part, est de nouveau allé très fort contre la politique de réduction des déficits imposée par Bruxelles, a constaté un "échec économique partout dans la zone euro, donc en France" et a officialisé sa "demande" au chef de l'Etat et au Premier ministre : mettre en place une règle des "trois tiers", soit un tiers d'économies consacré à la réduction des déficits, un tiers affecté au soutien des entreprises et un dernier tiers consacré aux ménages. Une demande présentée en ces termes :

J’ai proposé comme ministre de l’Economie au Premier ministre et au président de la République, dans la collégialité gouvernementale, (...) j’ai demandé une inflexion majeure de notre politique économique.

Du rab sur le Lab

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