Comptes de campagnes de Nicolas Sarkozy : l'aveu d'impuissance du président de la commission des comptes de campagne

Publié à 13h05, le 27 mai 2014 , Modifié à 13h05, le 27 mai 2014

Comptes de campagnes de Nicolas Sarkozy : l'aveu d'impuissance du président de la commission des comptes de campagne
François Logerot, en octobre 2013 (photo MaxPPP)

Le président de la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, François Logerot, également magistrat à la cour des Comptes, invité de France Info mardi 27 mai, reconnaît l'impuissance totale de la commission qu'il dirige (voir ses missions) dans la détection d'éventuels mouvements de refacturations, auprès de l'UMP, de prestations ayant en fait été réalisées pour le compte du candidat Nicolas Sarkozy. 

François Logerot explique ainsi :

Cette somme me paraît assez considérable, puisqu'elle représenterait 50% du montant maximum d'un compte de campagne, de 22,5 millions d'euros. 
Donc moi, je ne peux absolument pas me prononcer sur ce sujet, attendons les résultats de l'enquête qui est en cours !
Nous n'avons pas un accès direct aux comptes des partis (qui) nous sont présentés annuellement munis d'un certificat des commissaires aux comptes (...)
Mais bien entendu, ils ne sont pas accompagnés des pièces justificatives !
Nous n'avons absolument pas de contrôle, parce que la loi ne l'a pas prévu, sur le détail des dépenses qui sont mises dans les comptes du parti.

Prié d'indiquer s'il était possible que des documents lui aient été "sciemment" dissimulés, le président de la commission répond : 

C'est possible, mais je ne peux pas l'affirmer (...).
Nous n'avons pas la capacité d'aller enquêter sur un compte bancaire, et encore moins dans la comptabilité des sociétés qui sont prestataires de services, soit des partis, soit des candidats.
Nous n'avons pas détecté des manquements à la hauteur de ce qui est actuellement évoqué.

Sur la somme évoquée de dix millions d'euros ayant fait l'objet d'une facturation à l'UMP au lieu du candidat Sarkozy, François Logerot répond : 

Tout est possible dans la mesure où il n'y a pas de contrôle suffisant à l'intérieur du parti pour assurer la clarté de la gestion.

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