François Hollande, incapable de terminer son mandat? Laurent Fabius cite (encore !) François Mitterrand

Publié à 16h45, le 08 juin 2014 , Modifié à 16h46, le 08 juin 2014

François Hollande, incapable de terminer son mandat? Laurent Fabius cite (encore !) François Mitterrand
Laurent Fabius (Capture d'écran i>Télé)

PUNCHLINE - "Il ne faut pas prendre toutes les mouches qui volent pour des idées." C'est par cette formule que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a conclu l'émission du Grand Rendez-vous Europe1/Le Monde/i>Télé diffusé dimanche 8 juin.

Le ministre entendait ainsi mettre un terme aux questions de ses intervieweurs concernant une rumeur selon laquelle François Hollande pourrait ne pas aller au bout de son mandat.

Le journaliste Jean-Pierre Elkabbach lui demande ainsi : "comment vous pouvez couper la tête de ce canard-là, qui court, "il ne tiendra pas trois ans"". Laurent Fabius répond, provoquant des rires dans le public :

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Votre expression est bonne, c'est un canard, François Mitterrand avait une autre formule, il ne faut pas prendre toutes les mouches qui volent pour des idées.

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L'expression est en effet empruntée au premier président socialiste de la Ve République, duquel Laurent Fabius fut Premier ministre pendant près de deux ans, de 1984 à 1986.

Et Laurent Fabius l'affectionne particulièrement. Dans une interview croisée datée de 2006, il est interrogé, aux côtés de François Hollande, Jack Lang, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, par le quotidien Libération à propos de ce qu'ils ont appris de Mitterrand.

L'actuel ministre des Affaires étrangères citaient "quelques-unes de ses phrases favorites, porteuses d'une vision philosophique à la fois volontariste et sceptique et d'une pratique politique et humaine". Parmi celles-ci :

"La vie, c'est du judo", "quand on veut, on peut", "la politique, c'est dire des choses à des gens", "qui a trahi trahira", "il faut déplacer les lignes et "ne prenez pas toutes les mouches qui volent pour des idées".

Et le ministre avait déjà gratifié le studio d'Europe 1 du bon mot, en décembre dernier. C'était en effet avec la même formule que Laurent Fabius avait balayé un rapport sur l'intégration, dont les propositions avaient provoqué la colère de certains représentants de l'opposition :

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Le rapport, je ne l'ai pas lu, j'en ai pris connaissance par les journaux et en le lisant, je pensais à une phrase que j'aimais beaucoup de François Mitterrand, qui disait : "Il ne faut pas prendre toutes les mouches qui volent pour des idées".

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Dimanche, Laurent Fabius était interrogé sur la fragilisation de la majorité autour du chef de l'Etat, après notamment la constitution d'un groupe de 41 députés "frondeurs" au sein du Parti socialiste. Un groupe qu'a récemment rejoint l'ancien collègue de Laurent Fabius au gouvernement, l'ex ministre de l'Ecologie Philippe Martin, selon un "Indiscret" du Journal du Dimanche.

Ce n'est pas le premier socialiste passé par un cabinet ministériel à se rapprocher de la tendance contestataire. Selon Le Monde, le rapporteur du Budget Christian Eckert, depuis nommé secrétaire d'Etat au Budget, était signataire de l'"appel des 100" appelant à un "nouveau contrat de majorité".

Quant à Laurence Rossignol, depuis devenu secrétaire d'Etat chargée de la Famille et des personnes âgées, elle était présente au "déjeuner fondateur" du groupe des frondeurs,selon le député socialiste Pouria Amirshahi.

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