INFO LAB - Quand Jacques Toubon pilonnait le gouvernement et estimait que Manuel Valls devait démissionner

Publié à 07h26, le 20 juin 2014 , Modifié à 10h19, le 20 juin 2014

INFO LAB - Quand Jacques Toubon pilonnait le gouvernement et estimait que Manuel Valls devait démissionner
Jacques Toubon en 2014 © Sipa

INFO LAB - "Jacques Toubon a changé". Voilà le message répété en boucle par certains ministres (et pas n'importe lesquels) ces derniers jours, interrogés sur sa possible nomination au poste de Défenseur des droits, et la polémique qui s'en est suivie.

Or, selon les informations du Lab, Jacques Toubon, ancien ministre et secrétaire général du RPR, a tellement changé que lorsqu'il s'exprime le 12 mars dernier en bureau politique de l'UMP sur l'affaire des écoutes de l'ex-Président, Jacques Toubon attaque *très fort* le gouvernement, assurant qu'il ne croit pas un traître mot de la défense des ministres concernés. Victimes de choix de Jacques Toubon ce jour-là: Manuel Valls (devenu depuis Premier ministre), et Christiane Taubira (citée comme possible Défenseur des droits, elle aussi).

Selon Jacques Toubon, ancien Garde des Sceaux, il est impossible que le gouvernement n'ait pas été informé du placement sur écoutes de Nicolas Sarkozy quelques mois plus tôt. Une version défendue à la fois par Manuel Valls et par Christiane Taubira.

Voici ses déclarations de l'époque :

Il est impensable que, depuis avril dernier, la chancellerie ne sache pas ! Il y a forcément un compte rendu.



La hiérarchie policière a rendu compte de ces écoutes. Ce sont les fonctionnaires de police qui font les écoutes. Ils rendent compte des procédures et des contenus.

Et comme Jacques Toubon a "changé" (mais si, c'est le gouvernement qui vous le dit !), conclusion de l'ancien Garde des sceaux :

Manuel Valls doit démissionner pour incompétence totale !

Le même Manuel Valls qui se retrouvera, trois mois plus tard, à défendre l'hypothèse Toubon et à mettre en garde la gauche contre tout "sectarisme" dans ce dossier. Ce 12 mars, Jacques Toubon poursuit son raisonnement en faisant un rappel historique, expliquant les contours de la loi, votée en 1991, encadrant les écoutes judiciaires et administratives.

Alors que les avocats se rebellent dans le dossier des écoutes de Sarkozy, Jacques Toubon qualifie devant les membres de l'UMP réunis le soulèvement de "coup classique", et accuse le gouvernement de "double mensonge". Jacques Toubon rappelle alors "qu'un rapport de synthèse est fait" à chaque écoute, "pour raconter tout ce qu'on a trouvé".

Selon les témoignages recueillis par le Lab, ce 12 mars, Jacques Toubon a soufflé son audience. Un participant au bureau politique s'en souvient bien :

Sa cible de prédilection était Christiane Taubira. Il a fait un topo brillant contre elle, expliquant qu'elle se foutait de la gueule du monde en assurant ne pas être au courant des écoutes.

Tellement brillant, Jacques Toubon... Et même meilleur que les deux autres anciens gardes des sceaux présents ce jour-là : Michèle Alliot-Marie et Dominique Perben. Le possible futur Défenseur des droits a tellement impressionné son public que le président de l'UMP d'alors, Jean-François Copé, l'invite fortement à se montrer dans les médias dans ce dossier.

Aurait-il souhaité, ce jour-là, ne pas insulter l'avenir ? Jacques Toubon est en tout cas resté silencieux. Selon les infos du Lab, le programmateur du Grand Journal de Canal Plus lui a proposé, ce 12 mars, de s'exprimer dans son édition du soir. Mais il n'a jamais décroché son téléphone.

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