La virulente charge d'Eric Ciotti contre Najat Vallaud-Belkacem et sa "volonté de fracturer la société"

Publié à 08h59, le 27 août 2014 , Modifié à 09h49, le 27 août 2014

La virulente charge d'Eric Ciotti contre Najat Vallaud-Belkacem et sa "volonté de fracturer la société"
Eric Ciotti à l'Assemblée nationale © Julien MUGUET/IP3 PRESS/MAXPPP

Eric Ciotti n'aime vraiment pas Najat Vallaud-Belkacem. Au lendemain de la nomination du gouvernement Valls II, le député UMP des Alpes-Maritimes a lancé un véritable réquisitoire contre la nouvelle ministre de l'Éducation nationale. Avec deux arguments très clairs et répétés à l'envi : mariage pour tous et théorie du genre. Première partie de son plaidoyer sur France Info :

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Nous verrons bien aux actes mais c’est vrai que les prises de position qu’elle avait eues qui étaient très belliqueuses, notamment au moment du mariage pour tous, cette volonté de fracturer la société, son discours très militant, très idéologue, cette absurdité des ABCD de l’égalité qui dissimulaient assez mal la mise en œuvre mesurée mais quand même réelle de la théorie du genre à l’école… Tout ça nous inquiète.

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Round 2 quelques minutes plus tard sur Sud radio, un (tout petit) ton en-dessous :

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Najat Vallaud-Belkacem [...] avait pris des positions très extrêmes au moment du mariage pour tous, [...] avait été à l’origine de cet ABCD de l’égalité qui a soulevé beaucoup d’inquiétudes légitimes parmi les familles en contestant le fait qu’on enseigne à des enfants des thèses qui commençaient à s’apparenter à la théorie du genre et qui étaient à tout le moins inutiles et au pire dangereuses. Nommer madame Vallaud-Belkacem, c’est une forme de provocation.

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Dès l'annonce de la composition du gouvernement, l'ancienne ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a provoqué un déluge de réactions très virulentes, en particulier de la part des opposants au mariage pour tous.

Symbole de cette "fronde anti-NVB" : Christine Boutin, bien sûr. Sur Twitter mardi soir, la présidente d'honneur du Parti Chrétien Démocrate a réagi à cette nomination, en même temps qu'au maintien de Christiane Taubria au ministère de la Justice : "La France des Valeurs ne l'acceptera pas".

La ministre a réagi à ces commentaires, mercredi sur France Info : 

[Bonus Track] Le PS est mort, le pouvoir est agonisant

Au cours de ces deux interviews, le député niçois a également donné son avis sur le remplacement d'Arnaud Montebourg au ministère de l'Économie par Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires, ex-secrétaire général adjoint de l'Élysée chargé des questions économiques et à l'origine notamment du pacte de responsabilité.

Sur France Info, il indique tout d'abord n'avoir "rien à redire" au fait qu'un "ancien de la banque Rothschild" prenne le portefeuille de l'Économie dans un gouvernement de gauche. Mais il a ensuite constaté, sur Sud Radio, "le grand écart, le déchirement musculaire et idéologique auquel s’est livré le président de la République" entre son discours du Bourget ("Mon ennemi, c'est la finance") et cette nomination. Et au passage, il officialise "l'implosion" du Parti socialiste.

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[François Hollande] a pris les Français pour des gogos avec cette taxe à 75%, ce discours qui était un discours d’un autre siècle. [...] C'est une forme de provocation pour la partie la plus extrême du Parti socialiste. Je pressens un éclatement à l’Assemblée nationale de ce groupe socialiste.



[...] Je crois que [le PS] a déjà implosé. Il y a de telles divergences, de telles différences entre monsieur Macron et monsieur Guedj ou monsieur Baumel [députés frondeurs, ndlr]. Comment tous ces gens vont-ils se mettre d’accord pour adopter une politique enfin raisonnable ? Personnellement, je ne le crois pas. Ce pouvoir vit ses derniers soubresauts, il est à bout de souffle.

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Du rab sur le Lab

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