Les obstacles au changement de nom de l’UMP en "Rassemblement"

Publié à 12h53, le 30 décembre 2014 , Modifié à 12h53, le 30 décembre 2014

Les obstacles au changement de nom de l’UMP en "Rassemblement"
Nicolas Sarkozy. © DOMINIQUE FAGET / AFP

DIS MOI COMMENT TU T’APPELLES JE TE DIRAI QUI TU ES - Nicolas Sarkozy l’a annoncé dès le début de sa campagne pour redevenir président de l’UMP : il veut tout changer de son parti. Jusqu’au nom. Et depuis des semaines, c’est "Le Rassemblement" qui semble tenir la corde, selon Le Monde. Ballon d’essai ou vrai projet ?

Toujours est-il que plusieurs obstacles gênants peuvent empêcher l’UMP de se rebaptiser ainsi.

>> Un air de déjà-vu

La principale formation politique de droite a déjà envisagé de changer de nom pour devenir "Le Rassemblement". C’était avec Philippe Séguin, époque RPR, en 1998, comme le relate Slate.fr. Après la défaite électorale post-dissolution sous la présidence de Jacques Chirac, le RPR emmené par Philippe Séguin avait tenté d’abréger le nom du parti. Et soumis trois propositions au vote des militants. Le statu quo, RPR, avait alors recueilli 49,34% des suffrages, contre 49,94% pour le Rassemblement pour la France (RPF) à la tonalité gaullienne. Le Rassemblement, tout court, avait fait un flop, n’obtenant que 0,66% des voix exprimées. L’idée était tombée aux oubliettes. Et le RPR a survécu… jusqu’à la création de l’UMP.

>> Un air de déjà-vu (bis)

"Le Rassemblement", c’est aussi le nom qu’avait mis en avant Charles Pasqua pour son parti, Le Rassemblement pour la France et l’Indépendance de l’Europe (RPFIE), comme le relaye le journaliste Laurent de Boissieu sur son blog. Qui rappelle qu’en 2003, "les restes du RPF(IE) qui n'ont ni refondé le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers ni rallié l'UMP révisent les statuts du parti en en changeant le titre" pour mettre en avant "Le Rassemblement".

>> Un air de déjà-vu (ter)

Plus récemment, et plus proche de Nicolas Sarkozy, le Rassemblement existe déjà à l’UMP. Il est la propriété de Christian Estrosi, comme le rappelle Le Canard Enchaîné de ce mardi 30 décembre. Le député-maire de Nice l’a en effet déposé à l’été 2014 pour son propre mouvement. Qu’il a affilié à l’UMP. Avec une nuance, le micro-parti de Nadine Morano comporte aussi "rassemblement" dans son intitulé : "Le Rassemblement pour le peuple de France" (RPPF). Tous deux proches du nouveau boss de la rue de Vaugirard, ils ne devraient pas faire de chichis pour lâcher le nom de leurs mouvements si Sarkozy voulait le leur piquer.

>> Le souvenir de la division

Rien n’est acté mais Nicolas Sarkozy l’a évoqué. Il souhaite que le nouveau nom de son parti soit accolé à l’acronyme UMP pour les prochaines échéances électorales, à savoir les départementales en mars 2015. Mais s’il choisit "Le Rassemblement", l’étiquette affichée pour ce prochain scrutin serait "Rassemblement-UMP". Soit le nom du groupe parlementaire dissident créé par François Fillon, le R-UMP, lors de sa lutte fratricide avec Jean-François Copé.

>> Le spectre du RBM

Enfin, l’ancien chef de l’Etat ne veut plus des moqueries du FN avec le nom de son parti. Il ne veut plus entendre parler "d’UMPS". Mais, petit problème, un seul parti ou mouvement politique actuel contient le mot "rassemblement" dans son intitulé. Et il s’agit du Rassemblement bleu marine, de Marine Le Pen et affilié au Front national.

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