Démission du gouvernement : le "consensus" entre Hollande et Valls

Publié à 10h01, le 25 août 2014 , Modifié à 06h43, le 26 août 2014

Démission du gouvernement : le "consensus" entre Hollande et Valls
François Hollande et Manuel Valls © REUTERS/Philippe Wojazer
Image Le Lab


La réponse à la "fronde" d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon n'a pas tardé. Et ça ne rigole pas. François Hollande a demandé à Manuel Valls de composer un nouveau gouvernement, lundi 25 août, au lendemain des critiques des ministres de l'Économie et de l'Éducation sur la politique économique de l'exécutif. Le Premier ministre a donc présenté la démission de toute l'équipe gouvernementale et la composition du nouveau gouvernement doit être annoncée mardi 26 août. 

Cette annonce a évidemment provoqué de nombreuses réactions politiques.

Cet article a été actualisé tout au long de la journée. Il présente désormais le film de la journée où le gouvernement Valls I a démissionné.

17h27 : Manuel Valls sera reçu à 18h30 par François Hollande à l'Elysée. "Le Premier ministre fera le point avec le président sur ses consultations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement" d'après l'Elysée cité par l'AFP.

17h17 : Selon sa secrétaire générale Emmanuelle Cosse, "les conditions sont encore moins réunies aujourd'hui qu'en avril" pour qu'EELV rejoigne le gouvernement. 

17h10 : Au cours de sa conférence de presse, Arnaud Montebourg a entre autres annoncé lui-même - entre les lignes - que Benoît Hamon ne participerait pas au prochain gouvernement. "J'adresse à Aurélie Filippetti et Benoît Hamon mes remerciements pour leur soutien et leur affectueuse solidarité et engagement dans les épreuves. Ils ont eux aussi fait le choix de leurs convictions et de leurs idéaux. Je vous embrasse tous deux", a-t-il déclaré.

Il déclare également avoir dit "les yeux dans les yeux" la gravité de la situation auprès du gouvernement, "depuis des semaines et des mois au conseil des ministres, dans la collégialité du gouvernement et aux chefs de l’exécutif".

16h38 :  Si l'on pensait que des écologistes pouvaient rejoindre le gouvernement, cela se fera contre l'avis du parti. Europe Ecologie - Les Verts publie un communiqué acide à l'encontre du gouvernement et de l'orientation de sa politique : "EELV rappelle que les écologistes ne peuvent apporter leur soutien à la mise en œuvre d’une politique économique qui donne la priorité aux réductions des dépenses publiques en les faisant porter en priorité sur les ménages."

16h : Selon Le Nouvel Observateur, Benoît Hamon a bel et bien refusé la proposition de Manuel Valls de rester au gouvernement. Le Premier ministre lui aurait réaffirmé qu'il n'y aurait aucune inflexion de la politique économique de l'exécutif. Le ministre démissionnaire aurait alors refusé de faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale, par souci de "cohérence politique".

Il doit expliquer sa décision sur le plateau du JT de 20 heures de France 2, toujours selon Le Nouvel Observateur. Arnaud Montebourg, lui, sera invité du JT de TF1.

15h20 : Aurélie Filippetti n'est "pas candidate à un nouveau poste ministériel" apprend-on auprès du Monde. Elle le déclare dans une lettre ouverte à François Hollande et Manuel Valls. "Il y a un devoir de solidarité mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis à vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes" écrit-elle notamment dans sa lettre, publiée par le site du quotidien. 

15h : Claude Bartolone, qui doit être entendu par Manuel Valls dans la journée, publie un article intitulé "l'heure du choix" sur son blog. Il dénonce notamment une "ambiance de congrès permanent", faisant planer le risque d'un "21 avril en pire".

14h50 : En attendant la nomination du nouveau gouvernement, certains ministres "continuent le travail" comme si de rien n'était.

13h56 : La riposte s’organise déjà du côté d’Arnaud Montebourg. Cité par le JDD, un proche du futur ex-ministre de l’Économie annonce :

Il [Montebourg] va rester extrêmement actif. Nous avons envisagé une riposte graduée. […] On ne va pas rester les bras ballants. On ne va pas se laisser impressionner par une flottille de navires à la dérive.

13h33 : Reçue, comme tous ses camarades du gouvernement, par Manuel Valls, Christiane Taubira a quitté Matignon comme elle était venue : à vélo. 





13h15 : D'après les informations de Libération, Benoît Hamon ne restera pas au gouvernement si le cap ne change pas. "Valls lui a demandé de rester, les ministres l’appellent pour qu’ils restent. Mais son penchant est qu’il ne peut pas rester dans un gouvernement où l’on interdit le débat." affirme l'entourage de l'actuel ministre de l'Education Nationale.

13h05 : Communiqué minimaliste du Parti Socialiste qui "prend acte de la décision du Président de la République de renommer Manuel Valls".

Le parti souhaite que la formation d'un gouvernement soit "l’occasion d’un rassemblement, d’un élargissement et d’une cohésion pour la deuxième phase du quinquennat qui doit être celui de l’investissement et de la lutte contre la déflation qui vient en Europe !", point d'exclamation compris.

12h55 : Pendant ce temps là, François Hollande est à l'île de Sein où il pleut des trombes. Il y a tenu une allocution où il n'a pas commenté la démission du gouvernement, mais dont les images tournent désormais en boucle

12h50 : Christiane Taubira est-elle sur le départ ? La ministre de la Justice, reçue en ce moment par Manuel Valls à Matignon selon un journaliste du Monde, est citée parmi les éventuels partants du gouvernement, lundi 26 août. Mais le cabinet de la garde des Sceaux, cité par le JDD, démine le terrain : "Il y a beaucoup d’intox dans tout ça. Tout est possible. Nous ne sommes pas en train de faire nos cartons". 

12h43 : D'après un proche de Manuel Valls cité par L'Opinion, ni le Président de la République ni le Premier ministre "n’accepteront désormais qu’une tête dépasse" au gouvernement.

12h35 : Selon un journaliste du Monde, Arnaud Montebourg est attendu à Matignon en début d'après-midi.

12h28 : Manuel Valls reçoit tour à tour les différents membres du gouvernement à Matignon en vue de la constitution d'une nouvelle équipe, lundi 25 août. Mais pas seulement : d'après I>Télé, Jean-Christophe Cambadélis s'entretient en ce moment avec le Premier ministre. Le premier secrétaire du PS est ainsi reçu après Benoît Hamon, ministre de l'Éducation qui a emboîté le pas d'Arnaud Montebourg en se déclarant "pas loin des frondeurs" ce dimanche et qui souhaite mener à bien sa première rentrée scolaire, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, et Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur.

12h08 : Le député du Parti radical de gauche (PRG) Alain Tourret est satisfait : il n'y aura selon lui "plus de chienlit dans l'action gouvernementale".





12h : L'ancien ministre écologiste Pascal Canfin se demande s'il y a encore "une majorité pour soutenir la politique actuelle du gouvernement".





11h55 : Sur son blog, François Fillon estime que "la démission du Gouvernement illustre le désarroi dans lequel se trouve le Président de la République face aux conséquences de son inaction". Pour l'ancien Premier ministre et co-président de l'UMP, François Hollande "a tenté de louvoyer entre une gauche irresponsable[...] et une tendance à la passivité qui lui semble naturelle, espérant tout d'une croissance miraculeusement retrouvée". "Il a choisi d'agir sur le Gouvernement pour, semble-t-il, lui donner davantage de cohérence. Tant mieux si cela permet d'engager au moins quelques vraies réformes ! Il est grand temps !", écrit encore le député de Paris.

11h48 : Les écologistes étaient sortis du gouvernement sur décision de Cécile Duflot à l'occasion du changement de gouvernement, en avril dernier. La question d'une nouvelle participation des Verts à l'équipe gouvernementale se pose à nouveau, lundi 25 août. Mais la secrétaire générale du parti, Emmanuelle Cosse, prévient que cela ne sera pas du fait d'EELV, dans des propos rapportés par un journaliste de Libération sur Twitter : "Si des écolos deviennent ministres, c'est en leur nom propre".





11h43 :Ségolène Royal n'a pas modifié son agenda, malgré la démission du gouvernement. Ce lundi 25 août, elle a comme prévu visité la centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne, selon La Nouvelle République. "Le travail continue. Mes équipes sont au travail", a-t-elle simplement déclaré.

11h38 : Selon Le Monde, citant l’entourage du président, François Hollande "ne prendra pas la parole aujourd'hui"

11h30 : Marine le Pen appelle à la dissolution de l'Assemblée nationale. Dans un communiqué, la présidente du Front National estime qu'il est "plus que jamais nécessaire de redonner la parole aux Français et de dissoudre l'Assemblée nationale. 

11h10 : La démission du gouvernement a fait l'objet d'un "consensus absolu" entre le président François Hollande et le Premier ministre, Manuel Valls, d'après l'Elysée cité par l'AFP.

11h :Benoît Hamon est "assez serein" et "au travail" sur ses "dossiers en cours", à la veille d'une "rentrée qui est sur les rails", a déclaré lundi à l'AFP l'entourage de l'ex-ministre de l'Education nationale.

10h55 : 147 jours au compteur. Le premier gouvernement de Manuel Valls restera dans l'histoire comme l'un des plus éphémères de la Ve République, rappelle Slate.fr.

10h48 : François Hollande s'exprimera à 11 heures, selon France Info.

10h46 : Arnaud Montebourg doit s'exprimer à 16 heures depuis Bercy, selon une journaliste de BMFTV :





10h42 : le vice-président du Front National Florian Philippot a considéré sur France Info "que ce gouvernement et que ce pouvoir sont devenus une sorte de bateau ivre". François Hollande "n’avait absolument pas le choix, ça montre qu’il n’a plus du tout la confiance de son propre camp. [...] Maintenant, c’est repousser les échéances. On recule pour mieux sauter", a-t-il déclaré. 

10h40 : Pour la co-présidente du Parti de Gauche, Martine Billard, "Arnaud Montebourg a réussi son coup" : 





10h38 : La députée UMP et ancienne candidate à la mairie de Paris Nathalie Koscisko-Morizet évoque sur Twitter une "crise de régime" :





10h30 : Le député UMP Éric Ciotti ne voit "pas d’autre solution que de retourner aux urnes et de faire appel au peuple". "Je fais le constat d’une situation d’extrême gravité pour le pays, d’un Président de la République qui ne peut plus gouverner ce pays. Je crois que dans les semaines ou dans les mois qui viennent, il faudra retourner devant les urnes, que ce soit par une dissolution, un référendum ou un départ", a-t-il expliqué sur BFMTV

10h28 : D'après une journaliste du Parisien, Manuel Valls aurait menacé François Hollande de démissionner lui-même si Arnaud Montebourg restait au gouvernement. "C'est Montebourg ou moi! Si tu refuses, ce sera sans moi", lui aurait-il dit.





10h20 : La sénatrice socialiste et figure de la gauche de la gauche, Marie-Noëlle Lienemann, considère que la démission du gouvernement "n'est pas la solution". "Il y a un débat économique au sein du gouvernement. La décision prise par Manuel Valls n’est pas la réponse à la situation. On va encore restreindre la majorité gouvernementale autour de François Hollande", a-t-elle déclaré sur I>Télé

10h15 : Le sénateur socialiste du Val-de-Marne Luc Carvounas, selon qui "la fête de Frangy s'est transformée en tribune", a regretté sur I>Télé "qu’Arnaud Montebourg ait choisi cette option" de s'opposer à la politique économique de François Hollande. "Je ne pense pas que cela corresponde à l’attente des Français, a-t-il expliqué. On avait dit que le gouvernement était “de combat”, depuis hier soir des ministres ont choisi d’avoir une petite musique qui leur appartient".

10h08 : Contactée par Le Lab, Marine Le Pen estime qu'avec cette démission du gouvernement, François Hollande et Manuel Valls "tirent leur dernière cartouche". "Apres ça, la prochaine étape, ça sera la dissolution de l’Assemblée nationale, qu’ils auraient déjà dû faire au lendemain des européennes. Ça ne changera strictement rien, ils vont nommer des ministres qui sont là pour appliquer la politique de Bruxelles. Je regrette qu’Arnaud Montebourg n’ait pas démissionné, ça aurait eu un petit peu de panache."

10 h : Joint par Le Lab, le député "frondeur" Pouria Amirshahi n'est pour sa part pas surpris : "C’est logique. Malheureusement, il semble que cela soir pour conduire la même politique, fondée sur des préceptes néolibéraux et minoritaires dans le pays."

9h45 : Le maire (UMP) de Nice Christian Estrosi estime quant à lui que cette décision démontre l'absence "d'autorité" de François Hollande :



9h36 : Pour le président du Parti communiste Français (PCF), Pierre Laurent, cette décision est un "terrible aveu d'échec" :





Le député EELV des Français de l'étranger Sergio Coronado s'est, de son côté, interrogé sur une éventuelle participation des écologistes à ce nouveau gouvernement. Cécile Duflot avait décidé, en avril dernier, de ne pas participer à l'équipe constituée par Manuel Valls, contre l'avis d'une grande partie des élus et des militants EELV.



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