Marine Le Pen réagit à la mise en examen de Frédéric Chatillon : "Ça ne me concerne pas juridiquement"

Publié à 19h56, le 29 janvier 2015 , Modifié à 19h56, le 29 janvier 2015

Marine Le Pen réagit à la mise en examen de Frédéric Chatillon : "Ça ne me concerne pas juridiquement"
Marine Le Pen © MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
Image Etienne Baldit


"Je n'ai pas été auditionnée. Je ne sais absolument pas de quoi retourne cette affaire. Elle ne me concerne pas juridiquement." Telle est la réaction de Marine Le Pen après la mise en examen de Frédéric Chatillon, intime de la présidente du FN.

Ce dernier, par ailleurs ancien responsable du GUD (syndicat étudiant d'extrême droite), a été mis en examen le 23 janvier pour "escroquerie", "faux et usage de faux", "abus de biens sociaux" et "blanchiment d'abus de biens sociaux", comme l'a révélé Le Monde. L'enquête des juges portait initialement sur le financement des campagnes électorales du FN pour les cantonales de 2011 et les législatives de 2012, mais a été élargie à la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012. 

Les juges s'intéressaient initialement au rôle du micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, et de la société de communication Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon. C'est par le biais de cette entreprise que Frédéric Chatillon est devenu le principal prestataire de service du Front national depuis l'arrivée de Marine Le Pen à sa présidence, en 2011. Riwal "conçoit, fait imprimer le matériel électoral frontiste (affiches, tracts) et fabrique les fameux kits obligatoires destinés aux candidats du parti d’extrême droite", écrit Le Monde.

Auprès de l'AFP ce jeudi, la présidente frontiste joue donc la carte de la sérénité et réaffirme la "légalité" du financement des candidats FN :

Évidemment, je ne vais pas vous dire que je ne connais pas Frédéric, et que je ne connais pas la manière dont s'est mis en oeuvre, de manière légale, le financement des différents candidats par l'intermédiaire de Jeanne, que Riwal était le prestataire des kits de campagne des candidats, mais sur le fond, cette procédure, qui date d'un certain nombre d'années, a été à nouveau validée par la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP) qui a remboursé l'intégralité des candidats aux municipales.

Et tout compte fait, cette mise en examen serait presque une bonne nouvelle, à en croire Marine Le Pen, qui se félicite de ce que Frédéric Chatillon pourra "enfin" avoir "accès au dossier" et "apporter des explications" :

Enfin ! Ça fait des mois qu'il y a une enquête qui se prive de l'encadrement, du contrôle nécessaire. Il va enfin pouvoir avoir accès au dossier, savoir quels sont les motifs, et apporter des explications. Pour l'instant, on a lu tout et n'importe quoi dans la presse, je pense que c'est plus sain que le respect des procédures s'effectue en permettant, si vous voulez, le respect des droits de la défense.

[...] La mise en examen n'est pas condamnation.

Lors des législatives de 2012, c'est la double fonction de Jeanne qui a intéressé les enquêteurs: le micro-parti prêtait de l'argent à 6/7% aux candidats pour faire campagne et dans le même temps leur vendait des kits de campagne (photo, tracts, etc.) à environ 16.000 euros. Pour la présidentielle, Riwal a assuré pour Marine Le Pen nombre de prestations: imprimeur, mais aussi fournisseur de locaux, de moyens TV ou internet, envoi de courriels ou de sms, études de réputation, etc.

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