Pourquoi certains sénateurs de gauche se réjouissent d'un éventuel basculement à droite de la chambre haute

Publié à 16h17, le 17 juillet 2014 , Modifié à 22h23, le 17 juillet 2014

Pourquoi certains sénateurs de gauche se réjouissent d'un éventuel basculement à droite de la chambre haute
Le Sénat © Christophe Morin / IP3

On a déjà vu des élus de gauche minimiser un éventuel basculement du Sénat à droite, on les a moins vus s'en réjouir. Ainsi, plusieurs sénateurs de gauche confient au Mondede ce 18 juillet que cette hypothèse serait plutôt à l'avantage du gouvernement, et pour plusieurs raisons.


La sénatrice communiste Eliane Assassi estime que, paradoxalement, la disposition actuelle du Sénat (les socialistes n'y étant majoritaires qu'avec l'appui des écologistes et des communistes) est plus un handicap qu'un avantage pour le gouvernement :


Un Sénat avec une majorité de gauche qui n'est pas une majorité gouvernementale est un caillou dans la chaussure du gouvernement. Si le Sénat passait à droite, la situation serait plus facile car ils n'auraient plus à justifier l'absence de discussion avec la majorité de gauche.


Et en matière de discussion "avec la majorité de gauche", cette communiste sait de quoi elle parle. Tout comme ce cadre solférinien qui, sous couvert d'anonymat, en vient à espérer ce scénario : 


J'espère qu'on va le perdre, on ne se demandera plus comment faire voter ce machin, et on ne nous parlera plus de camouflet infligé par notre propre majorité.


Il est vrai que le Sénat retoque régulièrement les projets du gouvernement. Pas plus tard que ce 17 juillet, la chambre haute a rejeté le projet de budget rectificatif de la Sécurité sociale du gouvernement.


Si certains se réjouissent, d'autres tempèrent dans le même journal, comme Didier Guillaume, président du groupe socialiste au Sénat et candidat à la présidence du Sénat :

Ce serait infiniment plus compliqué. On ne voterait plus aucun texte, il n'y aurait plus de vote conforme, plus de commission mixte paritaire entre les deux Assemblées.

Didier Guillaume qui y croit dur comme fer: selon lui, la gauche peut conserver le Sénat en septembre prochain.

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