Quand Michel Sapin parlait, lui-aussi, des salariés "illettrés" de Gad

Publié à 16h42, le 17 septembre 2014 , Modifié à 16h46, le 17 septembre 2014

Quand Michel Sapin parlait, lui-aussi, des salariés "illettrés" de Gad
Michel Sapin © REUTERS/Philippe Wojazer
Image Sylvain Chazot


Les mots d'Emmanuel Macron, ce mercredi 17 septembre sur Europe 1, ont surpris, choqué. Alors qu'il parlait des salariés des abattoirs bretons Gad, le ministre de l'Économie a déclaré : "Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées."

Cette phrase a d'emblée créé la polémique. Le député UMP des Côtes d'Armor Marc Le Fur a même été jusqu'à demander la démission d'Emmanuel Macron, estimant que "la fonction d'un ministre n'est pas de traiter les gens de cette façon".

Sauf qu'Emmanuel Macron n'est pas le premier ministre à avoir ainsi parlé des salariées de Gad. Le 18 février 2014, lors de la discussion au Sénat du projet de loi sur la formation professionnelle, l'emploi et  la démocratie sociale, Michel Sapin avait utilisé exactement le même mot. Voici ce qu'avait déclaré celui qui était alors ministre du Travail, selon le compte rendu de séance :

En Bretagne, j'ai discuté avec des gars de Gad. Pas facile, certains sont illettrés...

Même constat du côté de la sénatrice PS du Finistère, Maryvonne Blondin, juste après Michel Sapin :

Je veux aussi apporter mon témoignage sur les salariés de Gad. Malheureusement, beaucoup d'entre eux, nous l'avons constaté, ne savaient plus lire ni écrire. Les réglementations de sécurité étaient élaborées à partir de pictogrammes...

Lors de cette séance – et toujours d'après le compte-rendu consultable sur le site du Sénat – la remarque du ministre, comme celle de la sénatrice, ne provoque aucune réaction.

Mercredi 17 septembre, après avoir été attaqué sur ses propos tenus sur Europe 1, Emmanuel Macron a présenté ses excuses aux salariés de Gad. Voici ce qu'il a déclaré lors de la séance de questions au gouvernement :

Mes excuses les plus plates vont à l'égard des salariés que j'ai pu blesser, que j'ai blessés, et je ne m'en excuserai jamais assez.

>> Voir Macron et les "illettrés" de Gad : un vrai sujet

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