Quand la candidate du FN dans le Doubs défendait les propos de Jean-Marie Le Pen sur "l’évidente inégalité des races"

Publié à 11h15, le 02 février 2015 , Modifié à 16h56, le 02 février 2015

Quand la candidate du FN dans le Doubs défendait les propos de Jean-Marie Le Pen sur "l’évidente inégalité des races"
Sophie Montel. © SEBASTIEN BOZON / AFP
Image Sébastien Tronche


PASSION ARCHIVES - Dimanche 1er février, elle est arrivée en tête du premier tour de l’élection législative partielle dans le Doubs. Et affrontera au second tour le candidat du Parti socialiste. Et, même si elle sèche sur un village de sa circonscription, Sophie Montel n’est pas étrangère au Doubs. Née à Montbéliard, l’eurodéputée FN s’est présentée à quatre reprises dans la 4e circonscription de Pierre Moscovici depuis 2002 après avoir été conseillère municipale de Besançon en 1995.

C’est d’ailleurs dans un compte-rendu disponible sur le site de la ville de Besançon que l’on retrouve des propos tenus par la frontiste sur l’inégalité des races, comme l’a repéré le site lentente.net et relayé par le journaliste de France Info Guy Birenbaum. Dans ce compte-rendu d’une séance du conseil municipal de 1996, elle est ainsi interpellée par le socialiste Michel Loyat, aujourd’hui conseiller municipal délégué de Besançon, sur ses propos concernant la profanation du cimetière juif de Carpentras ainsi que sur les propos tenus en août 1996 par Jean-Marie Le Pen sur l’inégalité des races, une "évidence" selon le fondateur du FN. Michel Loyat dit :

Les affirmations du leader du Front national sur l’inégalité des races ne relèvent pas d’une opinion comme une autre. Elles réaffirment le mythe de l’inégalité des races, mythe d’abord des races humaines à l’instar des races animales, absurdités scientifiques comme cela est démontré depuis des décennies, mythe meurtrier de l’inégalité des races qui a montré au XXème siècle combien il était lourd de tragédie. Je constate une fois de plus Madame Montel, que vous vous livrez à une stigmatisation d’une partie de la population.

Et Sophie Montel de répondre, évoquant à son tour "l’évidente inégalité des races" pour défendre Jean-Marie Le Pen. Elle développe son raisonnement :

Rien dans les propos de Jean-Marie Le Pen sur l’évidente inégalité des races ne tombe sous le coup de la loi. Constater que la civilisation des Pygmées au XXème Siècle aussi nombreux que les Athéniens du siècle de Périclès  -s’il vous plaît, laissez-moi finir - n’est pas égale à celle de la Grèce Antique n’injurie pas les Pygmées. Constater que la civilisation des Esquimaux aussi nombreux que les Juifs n’est pas égale à celle d’Israël et n’a pas joué le même rôle dans l’histoire du monde ne constitue ni une injure aux Esquimaux ni une atteinte à la vérité. L’observation que les enfants d’origine vietnamienne s’adaptent généralement mieux aux études et au travail que ceux de l’immigration africaine est le fait de tous les enseignants, même de gauche. Nous affirmons que la civilisation française de notre grand siècle était supérieure dans tous les domaines de l’épanouissement de l’esprit, des arts et des lettres, à celles des Huns et des Bantous. Constater l’inégalité des civilisations comme celle des individus merveilleusement différenciés, ce n’est pas nier l’évidence d’une nature humaine. Ce n’est pas, bien au contraire, porter atteinte à la défense de la dignité humaine. Ceux qui injurient la dignité humaine, ce sont les pratiques d’une société oublieuse de la loi naturelle où l’on laisse s’épanouir les tortionnaires pédophiles car il est des crimes dont l’horreur dépossède ceux qui les commettent, quelle que soit leur civilisation, du respect dû a priori aux hommes de toutes races et de toutes civilisations.

Elle affirme ensuite que "le Front national n’est ni raciste, ni fasciste, ni antisémite". "Il défend les droits prioritaires des Français chez eux", poursuit l’élue FN.

C’est le maire socialiste de Besançon qui met fin à la passe d’armes. "Essayons d’éviter ce type de dérapage", lance alors Robert Schwint. Qui ajoute pour calmer les esprits :

Je comprends bien que les uns et les autres fassent part de leur stupéfaction devant de telles déclarations mais je crois qu’il vaut mieux revenir aux problèmes strictement bisontins et nous allons reprendre l’ordre du jour.

[Edit 16h55] Sophie Montel "assume"

Contactée par le Huffington Post lundi 2 février, Sophie Montel "assume" le fait d'avoir défendu la position de Jean-Marie Le Pen, ce qui était selon elle "normal". Elle explique :

Nous savions que les socialistes ne manqueraient pas de nous interpeller. Le siège nous a donc adressé un argumentaire que j'ai lu au conseil municipal. Je trouve normal de soutenir le président de ma formation politique.

À l'époque, sa prise de position n'avait "pas fait plus de bruit que cela", rappelle-t-elle. Contrairement à ceux de l'actuel président d'honneur du parti, condamné en 1998 à 10.000 francs (1524 euros) de dommages et intérêts auprès de l'Union des Étudiants Juifs de France, comme le rappelle le HuffPost.

Questionnée sur de possibles regrets à ce sujet ainsi que sur l'éventualité de tels propos tenus par la présidente du FN, elle ajoute :

J'ai assumé la défense de mon président et je n'ai pas à contester sa parole. [...] Aujourd'hui, je n'aurais pas à me justifier parce que Marine [Le Pen] n'aurait jamais pu prononcer ce type de paroles.

Du rab sur le Lab

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