De "Monsieur le ministre du Travail" à "Monsieur le ministre" tout court : la petite faveur de Claude Bartolone à François Rebsamen

Publié à 13h37, le 30 octobre 2014 , Modifié à 18h16, le 30 octobre 2014

De "Monsieur le ministre du Travail" à "Monsieur le ministre" tout court : la petite faveur de Claude Bartolone à François Rebsamen
Claude Bartolone et François Rebsamen. © Montage via Reuters et Maxppp.

ET DU CHOMAAAAGE - François Rebsamen en avait marre de se faire chambrer par l’opposition. Alors le ministre du Travail a demandé une faveur au président de l’Assemblée, Claude Bartolone, pour qu’il ne développe plus l’intitulé de son ministère quand il prend la parole dans l’hémicycle. C’est ce que révélait un confidentiel de L’Express daté du 1er octobre, date de reprise de la session parlementaire. L’objectif ? Ne pas permettre à l’opposition d’ajouter "et du chômaaaaage".

Le ministre du Travail, proche de François Hollande, a visiblement été entendu par le président de l’Assemblée. Si, quand l’information est sortie, Claude Bartolone a continué, lors de la séance des questions au gouvernement du 1er octobre à préciser l’intitulé du maroquin de François Rebsamen, l’évolution est intervenue, en toute discrétion, trois semaines plus tard. C’est lors de la séance télévisée du 22 octobre que pour la première fois Claude Bartolone s’est contenté d’appeler au micro pour répondre (ce qu’il a poursuivi depuis) :

La parole est à Monsieur le ministre François Rebsamen.

Le Lab a isolé les passages pour montrer l’évolution. Voyez plutôt :

>> Avant/Après entre le 1er octobre et le 22 octobre :

Une nuance qui ne se retrouve pas dans le compte rendu intégral des débats, caviardé, disponible sur le site de l’Assemblée nationale, les rédacteurs des débats retranscrivant, eux, l’intégralité de l’intitulé du ministère de François Rebsamen :

M. le président. La parole est à Monsieur le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.

C’est le défunt député socialiste Patrick Roy, connu autant pour ses vestes rouges que pour ses saillies moqueuses envers les ministres, qui en avait fait sa marque de fabrique. A chaque fois que le ministre, alors UMP, du Travail était appelé au micro par le président de l’Assemblée nationale, il ajoutait donc, braillard : "et du chômage".

Une rhétorique reprise par la droite lors des questions au gouvernement depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande et d’une majorité gouvernementale de gauche en 2012. Mais François Rebsamen, qui n’était pas député durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ne connaissait pas l’origine de cette "tradition". Au point de demander à Michel Sapin, son prédécesseur au ministère du Travail, d’où venait l’expression. Réponse du ministre des Finances :

C’est nous, quand nous étions dans l’opposition !

Du rab sur le Lab

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