Attentats à Paris : pour rendre hommage aux victimes, le maire (ex-UMP) de Roquebrune refuse de mettre le drapeau tricolore en berne

Publié à 06h51, le 19 novembre 2015 , Modifié à 11h25, le 19 novembre 2015

Attentats à Paris : pour rendre hommage aux victimes, le maire (ex-UMP) de Roquebrune refuse de mettre le drapeau tricolore en berne
Luc Jousse. © JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est à contre-courant. Alors que la France rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis et que l’ensemble des drapeaux ont été mis en berne pendant les trois jours de deuil national, le maire ex-UMP de Roquebrune en a décidé autrement lui.

Comme le relaye France 3 Côte-d’Azur , mercredi 18 novembre, Luc Jousse a ainsi décidé de ne pas mettre le drapeau de sa ville en berne pour "ne pas céder à la barbarie", dit-il. Lui a choisi de rendre hommage aux victimes en laissant au contraire "flotter le drapeau tricolore" sur sa mairie.

Du côté de l’opposition municipale, on ne comprend pas la décision du maire. En réponse, l’opposition a décidé d’agir dans son coin en mettant en berne trois drapeaux devant des lieux symboliques de la ville.

Au Lab, on a déjà parlé un peu de Luc Jousse. En décembre 2013, Mediapart révélait un enregistrement dans lequel on entendait l’édile, alors encarté UMP, tenir des propos très durs à l’encontre des Roms. Il disait, au sujet d’un incendie, regrettant que les pompiers soient intervenus "trop tôt" :

"

Ce qui est presque dommage c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours ! Mais je n’ai pas dit … Non, parce que … Les roms, c’est un cauchemar.

"

En janvier 2014, on apprenait que le maire n’était pas sanctionné par l’UMP .

Pour ces propos, Luc Jousse a finalement été condamné à 10.000 euros d’amende , en mai 2015 avant d’être à nouveau visé par la justice en juillet de la même année pour "violence" .

En juin, France 3 écrivait à son propos qu’en "attendant les décisions de la cour de cassation sur deux peines d'inéligibilité (pour détournements de fonds publics et incitation à la haine raciale), Luc Jousse entend bien continuer à faire de la politique". Et pour cause, il venait de créer "le RPR" et se disait prêt à faire alliance avec le Front national pour les régionales.

Alertée, la préfecture du Var n'a de son côté pas encore précisé si elle allait donner suite à cette affaire.

Luc Jousse est actuellement sous le coup de deux condamnations, prononcées en première et en appel, à cinq ans d'inéligibilité et 20 000 euros d'amende pour détournement de fonds publics et à un an d'inéligibilité et 10 000 euros d'amende pour incitation à la haine raciale. L'intéressé s'est pourvu dans les deux cas en cassation.

Du rab sur le Lab

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