Bruno Le Roux fustige le voyage en Crimée de dix parlementaires français : "une honte pour le Parlement"

Publié à 08h52, le 24 juillet 2015 , Modifié à 08h59, le 24 juillet 2015

Bruno Le Roux fustige le voyage en Crimée de dix parlementaires français : "une honte pour le Parlement"
Bruno Le Roux, pas content. © Eric FEFERBERG/AFP

Cette fois-ci, comme Maurice, ils ont poussé le bouchon un petit peu trop loin. Non seulement ils se sont rendus en Russie, mais en plus, ils sont passés, et y sont ce vendredi 24 juillet, en Crimée, annexée par la Russie suite à un référendum contesté.

Si le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, "choqué", ne cautionne pas le voyage de dix parlementaires français en Crimée, Bruno Le Roux estime que le déplacement de cette délégation parlementaire est "une honte".

Invité de France Info ce vendredi, le chef de file des députés socialistes a fermement condamné l’itinéraire de cette délégation de députés et sénateurs de droite emmenée par l’élu de Les Républicains Thierry Mariani. Il fustige ce qui est, pour lui, "une honte pour le Parlement français" :

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C’est une honte que ces dix parlementaires se rendent en Crimée sans avoir le moindre rapport avec les autorités ukrainiennes. C’est une soumission et une honte pour le Parlement français.

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Il poursuit, se félicitant néanmoins qu’aucun parlementaire socialiste ne fasse partie de cette petite équipée sauvage :

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Je regrette que ces parlementaires, financés par une association russe, se soient rendus en Crimée. Je note qu’il n’y a aucun député socialiste dans cette délégation et je m’en félicite. Un député peut aller où il veut. Il assume ses responsabilités. En même temps, quand on va contre le droit international, qui ne reconnait pas aujourd’hui la Crimée...

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Pour ce proche de François Hollande, persona non grata en Russie, ce voyage est une "formidable opportunité pour les autorités russes" qui peuvent mettre en avant cette escale en Crimée comme une forme de reconnaissance d’un état de fait. "Quand on est parlementaire français, on porte quelque chose", insiste Bruno Le Roux. Qui ajoute :

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On ne peut pas faire n’importe quoi. Là, au regard du droit international et des positions de notre pays, ils ont fait n’importe quoi.

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Chef de file de cette délégation, le député LR des Français de l’étranger Thierry Mariani a quant à lui défendu l’annexion de la Crimée par la Russie. Cité par l’agence de presse TASS, le député a ainsi expliqué, s’adressant au président du Parlement de Crimée :

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J'étais il y a deux mois à Kramatorsk, Sievierodonetsk et Slaviansk. J'ai vu les destructions et parlé avec des réfugiés (...) et on peut seulement vous féliciter d'avoir su éviter cela ici.

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Du côté de l’Assemblée nationale, qui souligne que ces parlementaires ont écrit au déontologue du Palais Bourbon, on explique au Lab qu’un député "a la libre exécution de son mandat" et que, de fait, la chambre basse ne peut "rien interdire à un parlementaire". Un déplacement qui "n’engage pas l’institution". Le seul moyen d’empêcher ce voyage aurait été de leur faire retirer leur passeport par le Quai d’Orsay. Du jamais vu.

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