Bruno Le Roux récidive en affirmant que le 49.3 "favorise une véritable discussion"

Publié à 11h15, le 24 mars 2016 , Modifié à 11h15, le 24 mars 2016

Bruno Le Roux récidive en affirmant que le 49.3 "favorise une véritable discussion"
Bruno Le Roux, nominé pour le prix de l'humour politique pour avoir estimé que le 49.3 "favorise la discussion". © AFP

Comme l’écrivait Slate lors de la première saillie de Bruno Le Roux le 19 février, "en littérature, on appellerait ça une antiphrase". Un euphémisme qui a valu au patron des députés PS d’être nommé pour le prix de l’humour politique. Malgré tout, le député de Seine-Saint-Denis proche de François Hollande assume. Et même plus : il récidive.

Car oui, pour le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, le 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter une loi sans débat ni vote du Parlement, "favorise une véritable discussion". Invité des 4 Vérités sur France 2 ce jeudi 24 mars, jour de présentation du controversé projet de loi travail en conseil des ministres, Bruno Le Roux est prié de réagir sur sa nomination au prix de l’humour politique. Et il répond :

Oui. Je redis que cette phrase a un véritable enjeu. Elle peut prêter à sourire mais quand on sait qu’on peut utiliser le 49.3, ça force à rentrer dans la vraie discussion et pas dans le champ de mine et le champ de bataille.

Et d’ajouter pour enfoncer le clou, tout en reconnaissant que la majorité a "manqué de pédagogie" sur le projet de loi porté par Myriam El Khomri :

Parce qu’on sait très bien que quand c’est le champ de mines, il y a cet outil qui existe. Oui, le fait qu’il y ait le 49.3, ça favorise une véritable discussion.

Le 49.3 est pourtant souvent décrit comme "l’arme atomique" du gouvernement pour passer outre les réticences de sa propre majorité, permettant donc d’adopter un texte de loi en force à moins qu’une motion de censure ne vienne faire tomber le gouvernement.

Myriam El Khomri avait d’ailleurs créé la polémique en envisageant, avant même tout débat, d’y avoir recours dans une interview accordée aux Echos. Avant de faire machine arrière. On a ensuite appris que c’était Manuel Valls et ses services qui avaient fait ajouter cette précision dans l’interview de la ministre du Travail.

Bruno Le Roux lui-même avait légèrement rétropédalé le 15 mars. Il déclarait alors qu’il ferait "tout pour éviter le 49.3", estimant que son devoir était d’être "le garant d’un débat parlementaire qui aille jusqu’au bout".

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