Ce moment où Robert Ménard considère qu'il est plus facile de s'appeler Charles que Mohammed en France

Publié à 10h12, le 16 novembre 2016 , Modifié à 10h16, le 16 novembre 2016

Ce moment où Robert Ménard considère qu'il est plus facile de s'appeler Charles que Mohammed en France
Robert Ménard © Capture d'écran FranceInfo:

"Sûrement." Telle est la réponse de Robert Ménard lorsqu'on lui demande, sur FranceInfo: ce mercredi 16 novembre, si être musulman en France est handicapant. Celui qui faisait signer, au lendemain des attentats du 13 novembre, une "charte" aux mosquées de Béziers, reconnaît que pratiquer l'islam aujourd'hui, dans le pays des droits de l'Homme, ce n'est pas tous les jours facile. D'autant que selon lui, être musulman c'est visiblement être arabe.

Il dit :

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Attendez, c'est plus facile, quand tu cherches un boulot… Je ne suis pas abruti… de t'appeler Mohammed que de t'appeler Charles. Bien sûr que c'est ça.

 

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Bon alors certes, Robert Ménard veut dire tout à fait l'inverse de ce qu'il exprime dans cette phrase, à savoir qu'il est plus facile de s'appeler Charles que de s'appeler Mohammed. Les journalistes de FranceInfo: lui font répéter, le maire de Béziers se corrige. 

Notons tout de même pour la forme que des personnes prénommées Charles sont musulmanes et que d'autres, dénommées Mohammed, ne le sont pas. Mais passons. Robert Ménard est en train d'expliquer, en direct à la télévision et à la radio, qu'il y a de la discrimination envers les musulmans en France - et par extension envers les personnes d'origine maghrébine. Et ça, pour le maire élu avec le soutien du FN en 2014, c'est un peu de la faute… des musulmans. Il poursuit :

 

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C'est peut-être aussi que les Mohammed en question ne font pas tous les efforts pour s'adapter à la société française.

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La journaliste de FranceInfo: Fabienne Sintes fait pourtant remarquer au maire de Béziers que "lorsque Mohammed cherche un boulot, cela ne se voit pas sur son CV" qu'il ne respecte pas les règles de la République. 

Robert Ménard argumente en racontant qu'un responsable des pompiers de Béziers l'a appelé cette nuit pour lui signifier que les soldats du feu s'étaient fait caillasser dans un quartier. "Ils se sont fait caillaisser par qui ? Vous voulez que je vous donne la réponse ?" interroge-t-il. L'argument est sans doute un peu court. Alors Robert Ménard tente une ultime esquive en parlant du racisme anti-Blanc :

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Qu'il y ait un racisme à l'égard des Arabes, évidemment. Qu'il y ait un racisme à l'égard des Blancs, tout autant. Sauf que vous [les journalistes] ne parlez que d'un des deux.

 

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Résumons donc la pensée de Robert Ménard : les Arabes, les musulmans et les non-musulmans sont victimes de racisme en France. Pour autant, il est plus facile d'être non-musulman que musulman et/ou arabe en France car les Arabes, qui sont quasiment tous musulmans selon le maire de Béziers, font l'objet, en plus, de discrimination, notamment à l'embauche. Mais cela est de la faute des musulmans / arabes car certains ont des comportements inciviques. Limpide. L'élu biterrois oublie simplement une chose : lorsqu'on discrimine quelqu'un, notamment du fait de sa religion, on ne sait pas si cette personne est incivique ou non. C'est même le propre de la discrimination.

 

 

[BONUS TRACK #1] C'est pas très anti-système ça

Marine Le Pen inaugure ce mercredi son QG de campagne pour la présidentielle de 2017. Ce QG est installé au 262 rue du Faubourg Saint-Honoré, soit dans la même rue que l'Élysée, le palais étant situé au 55 de cette artère.

C'est chic. Un peu trop chic selon Robert Ménard qui trouve qu'installer son QG à cet endroit, cela ne fait pas très anti-système. "Je ne fais pas de langue de bois : je dis ce que je pense et en l'occurrence, voilà, j'ai eu la même réaction que vous", dit-il au journaliste Guy Birenbaum qui lui faisait remarquer que le 8e arrondissement de Paris, ce n'est pas très populaire.

 

[BONUS TRACK #2] Florian Buisson

Un nouveau membre de la famille Philippot débarque au FN : Damien Philippot, frère de Florian Philippot, vient de quitter l'institut Ifop pour, semble-t-il, rejoindre Marine Le Pen. Voilà qui ne ravit pas Robert Ménard qui porte un regard plutôt acerbe sur la fratrie. Il dit :

 

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La famille Philippot, c'est les Patrick Buisson de Marine Le Pen. C'est des gens qui s'appuient sur des sondages pour justifier des analyses politiques. […] Si vous me demandez ce que je pense de Philippot, je n'en pense pas du bien.

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Robert Ménard concède néanmoins que Florian Philippot est "un bosseur" et que sans lui, Marine Le Pen ne serait pas "là où en elle en est aujourd'hui". Mais, selon lui, il se trompe dans son analyse, notamment quand il estime qu'il n'y a ni droite, ni gauche en France ou qu'il faut absolument quitter l'Union européenne.

Reste à savoir si l'un des deux frère Philippot va enregistrer la présidente du FN à son insu... 

Du rab sur le Lab

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