Comment Jean-Luc Mélenchon retourne la poursuite en diffamation de la Société générale contre lui en argument de campagne

Publié à 18h29, le 24 mai 2017 , Modifié à 18h40, le 24 mai 2017

Comment Jean-Luc Mélenchon retourne la poursuite en diffamation de la Société générale contre lui en argument de campagne
Jean-Luc Mélenchon est convoqué chez le juge le 26 juin prochain après la plainte de la Société générale pour diffamation. © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


Jean-LucMélenchon a lui-même annoncé mercredi 24 mai être convoqué le 26 juin prochain par un juge après la plainte de la Société générale pour diffamation. L’ex-candidat à la présidentielle est poursuivi par la banque "pour avoir pointé sa responsabilité dans le scandale d'évasion fiscale des Panama Papers il y a un an". Mais le candidat de La France insoumise (LFI) aux élections législatives à Marseille ne désarme pas, bien au contraire. En estimant que "la finance le traque", il se place comme une victime et retourne cette convocation judiciaire en argument de campagne. Astucieux. 

"J'avais alors qualifié ses dirigeants de 'menteurs' [à voir ici, ndlr] et demandé qu'ils soient châtiés pour avoir menti devant une commission d'enquête parlementaire", rappelle d’abord Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué publié sur son site internet. Il accuse ensuite les "dirigeants" de la Société générale "d’instrumentaliser la justice pour intimider ceux qui leur résistent et parlent clair à leur sujet" :

La finance sait que nous sommes ses ennemis irréductibles.Ceux qui mentent devant une commission d’enquête parlementaire et agissent depuis les paradis fiscaux se croient tout permis. Ils veulent instrumentaliser la justice pour intimider ceux qui leur résistent et parlent clair à leur sujet. La finance pense que la présidence Macron crée un environnement favorable pour organiser la chasse à ses opposants. Je me place donc sous la protection des électeurs.

Le quatrième de la présidentielle, qui a encore défouraillé à tout va sur "la troupe" d’Emmanuel Macron ce mercredi, sous-entend clairement que la finance veut faire taire ceux qui la critiquent. Et donc lui-même.

Pour mieux se poser en victime, Jean-Luc Mélenchon a même dégainé une affiche façon western. Il y pose comme un individu recherché par... la Société générale, revisitée pour l'occasion en "Société du Panama"



Soulignant que sa convocation "tombe en pleine campagne des législatives", Jean-Luc Mélenchon estime qu'"en votant le 11 juin pour les candidats de La France insoumise, les Français voteront pour mettre au pas la finance et éradiquer la fraude et l'évasion fiscales". En gros, si vous êtes contre la finance, il faut voter pour lui.

Au passage, le candidat aux législatives glisse une petite vacherie à se meilleure ennemie. "Je me rendrai à la convocation 26 juin comme n'importe quel citoyen le fait en pareil cas sauf madame Le Pen", ironise-t-il. La FN à la présidentielle avait refusé le 10 mars dernier de se rendre à une convocation des juges dans le cadre de l’affaire des collaborateurs parlementaires. Ce qu'elle devrait faire après les législatives

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