Comment le PS tente de vanter sa direction collégiale (et son absence de leader)

Publié à 11h27, le 01 octobre 2017 , Modifié à 11h27, le 01 octobre 2017

Comment le PS tente de vanter sa direction collégiale (et son absence de leader)
Image Sébastien Tronche


Jean-Christophe Cambadélis avait affirmé, avant de quitter définitivement son poste de Premier secrétaire du PS, qu’il serait "le dernier Premier secrétaire" du parti. Si le temps confirmera ou invalidera cette affirmation, elle est au moins temporairement vraie. Car jusqu’au prochain congrès du PS, en 2018, c’est une direction collégiale et pléthorique de 28 membres qui va diriger le PS, sans Premier secrétaire. Une première.

Mais, à l’issue du Conseil national du samedi 30 septembre, les socialistes, Jean-Christophe Cambadélis en tête, ont vanté cette collégialité et l’absence de leader incontesté dans la famille socialiste. "Je crois que le PS doit faire de sa faiblesse une force, ce n’est pas le moment de l’incarnation", a estimé "Camba", selon des propos rapportés par Le Figaro. Et d’ajouter :

Face à un paysage où il n'y a que des personnalités, il faut montrer un collectif.

Car l’opposition à Emmanuel macron, tant sur la forme de son mouvement que sur le fond de sa politique, pourrait souder les socialistes. "Les solutions libérales du gouvernement favorisent notre rassemblement", plaide Stéphane Troussel, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis tandis que Sébastien Denaja estime que "c'est un vrai choix politique de faire vivre cette collégialité quand on voit qu'En marche est le parti d'Emmanuel Macron". L’ancien député PS de l’Hérault poursuit :

Le parti socialiste est un parti où vit la pluralité, nous marquons notre différence.

"Le bureau de Jean-Christophe Cambadélis devient un lieu de co-working !", s’amuse-t-il encore pour mieux vanter cette collégialité.

Une absence d’incarnation que déplore pourtant Olivier Faure, le patorn des députés PS. Il voit lui dans la direction collégiale un "pis-aller", qui correspond à "une période pendant laquelle nous sommes en train de nous reconstruire". Et d’ajouter :

C'est transitoire, ça ne peut pas durer, ça n'est pas formidable, il ne s'agit pas de dire que nous avons trouvé la pierre philosophale, ça n'est pas le cas, mais nous sommes conscients que nous devons trouver les moyens ensemble pour avancer.

Le PS a tourné samedi la page d'un cycle électoral désastreux en actant le départ du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, remplacé pour les cinq mois à venir par une direction collégiale pléthorique, laissant craindre à certains qu'il reste peu audible. "Le Conseil national maintient la Direction collégiale jusqu'au congrès" du parti, prévu en février ou mars prochain, affirme le texte de la résolution, intitulé "pour une transition efficace jusqu'au Congrès", et approuvé à l'unanimité moins trois voix.

Cet organe de 28 membres aura en charge "l'administration et l'animation politique" en s'organisant "autour de quatre pôles: Coordination, Expression, Relations extérieures, Administration".

A LIRE AUSSI SUR EUROPE1.FR :

Le Parti socialiste face au défi de la reconstruction

Luc Carvounas : "Nous avons vécu un cataclysme électoral" au PS

Du rab sur le Lab

PlusPlus