Direct citoyen ou les débuts poussifs de l’application de l’UMP

Publié à 11h17, le 13 mai 2015 , Modifié à 17h12, le 13 mai 2015

Direct citoyen ou les débuts poussifs de l’application de l’UMP
Image Sébastien Tronche


L’UMP voulait innover et être en pointe de la politique 2.0. C’est pourquoi les futurs Républicains ont lancé, ce mercredi 13 mai, une application avec pour ambition de "transformer complètement le lien entre le parti et ses adhérents" et de contribuer ainsi "à la dynamique de modernisation et de démocratisation" du mouvement. Son nom ? Comme déjà annoncé, Direct citoyen. Sauf que ses débuts sont plus que poussifs.

#INTROUVABLE

Cette application, disponible sur smartphone, est ardue à trouver pour le militant connecté qui serait intéressé. Sur l’Apple Store, quand on recherche "Direct Citoyen", c’est une autre application, du même nom, qui apparaît dans les résultats.

"Manque de chance, ils ont complètement oublié de réserver le nom de leur application. Eh oui sur IOS, une application doit avoir un nom unique (ce n'est pas le cas sur Android). Il faut donc vérifier avant toute action marketing, la disponibilité d'un nom et le bloquer en créant l'espace dédié", explique Arsène Huot qui a profité de l’annonce de l’UMP, mi-avril, pour lancer sa propre application "Direct Citoyen".

Au Lab, il ajoute :

J'ai donc profité de cette erreur pour déposer une application Direct Citoyen, qui se trouve en plus être une app de sondage politique. Cette idée a vu le jour bien avant l'annonce de l'UMP mais leur erreur nous a permis de profiter d'une communication gratuite et on les en remercie.

Sur Android, l’application officielle du parti de Nicolas Sarkozy n’arrive que tard dans les résultats. Si vous souhaitez télécharger le Direct Citoyen sauce UMP, au sous-titre "Nos choix, nos idées, la France", il faut aller sur le site dédié lancé par le parti ce mercredi.

#PAS AU POINT

Une fois l’application installée, rien n’est encore gagné pour "faire davantage participer les adhérents et sympathisants et mieux écouter leurs attentes sur la vie et l'organisation du mouvement, sur les sujets d'actualité", comme l’explique l'UMP. Car c’est une version bêta qui a été lancée. Et, pour le moment, les inscrits reçoivent un mail confirmant simplement leur inscription. En leur enjoignant de faire preuve d’un peu de patience. Jusqu’au 31 mai au moins, au lendemain du congrès fondateur des Républicains. Voici ce qu’envoie l’UMP :

Merci d’avoir installé Direct Citoyen ! L’application est en phase beta pour l’instant et les utilisateurs seront activés progressivement jusqu’au 31 mai. Vous serez notifié(e) dès que l’accès à Direct Citoyen vous sera ouvert. Merci pour votre enthousiasme et pour votre patience.

Contacté par Le Scan, le directeur général de l'UMP Frédéric Péchenard explique que ce bug n'impacte que les "sympathisants" et non les militants :



J'ai cru comprendre que l'ouverture aux sympathisants se ferait après le congrès, le 1er juin. Pour les militants à jour de cotisations, il n'y a aucun problème de connexion. [...] Je n'ai eu aucun mal à ouvrir l'application. Dès que le mail demandé est reconnu, qu'il est déjà dans nos fichiers, l'application s'ouvre et aucun mail de confirmation n'est nécessaire.

#BUG

Comme repéré par un journaliste du Scan, le mail de contact de l’application non plus ne fonctionne pas :



Un bug visiblement réglé dans un second temps par l'UMP.

#PRET A TEMPS ?

Quand elle fonctionnera, l’application doit "permettre un flux continu d'aller-retour entre les adhérents et le parti", a ainsi expliqué mardi Frédéric Péchenard, directeur général de l'UMP, lors de la présentation à la presse.

L’application doit également permettre aux adhérents, et à eux seuls (environ 210.000), de voter sur le nouveau nom de leur parti et ses nouveaux statuts. Un vote qui doit avoir lieu les 28 et 29 mai, la veille et l'avant-veille du congrès, organisé le 30 mai à la Grande Halle de la Villette à Paris. Ce vote sera sécurisé, sous la direction de la Haute autorité de l'UMP, le numéro d'adhérent servant de mot de passe.

Or, certains militants risquent de voir leur accès à l’application effectif seulement le 31. Fail ? Ils auront cependant toujours la possibilité de voter en se connectant au site de l'UMP ou en se rendant dans les fédérations.

#PUTSCH ?

Autre fait cocasse, l’application des futurs "Républicains" - le futur nom de l’UMP si les adhérents l’approuvent -, a été réalisée par Axel Calandre. Mais c’est le nom du prestataire ayant conçu l’application qui surprend :

Poutsch Corp.

"Poutsch", putsch, vous l’avez ? Pas très républicain quand même.





BONUS TRACK

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Comme l'a remarqué Numerama, la toute première note et le tout premier commentaire - dithyrambique - donnés à l'application sur Google Play est venue d'un certain Melchior Scholler qui n'est autre que le co-fondateur et PDG de Poutsch, le prestataire qui a réalisé l'application. Il écrit :



Super app, super initiative. Enfin une app bien fichue qui permet un débat constructif et utile.

Il a depuis (à 13h15 ce 13 mai) été rejoint par 16 autres commentateurs enthousiastes comme le président de Génération Sarkozy et d'autres militants UMP. Rappelons juste que l'application ne fonctionne pas encore.

[Edit 14h15 : ajout précision Frédéic Péchenard au Scan]

Du rab sur le Lab

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