Erdogan à Paris : pour le PCF, la visite du président turc est "une provocation et un outrage" envers les Kurdes

Publié à 14h17, le 02 janvier 2018 , Modifié à 13h30, le 03 janvier 2018

Erdogan à Paris : pour le PCF, la visite du président turc est "une provocation et un outrage" envers les Kurdes
Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan, le 25 mai à Bruxelles. © Eric FEFERBERG / POOL / AFP
Image Loïc Le Clerc


BREF - L'annonce a été faite samedi 30 décembre par la Turquie : le 5 janvier, le président Recep Tayyip Erdogan sera à Paris. Il rencontrera Emmanuel Macron pour "discuter des relations bilatérales entre la France et la Turquie", selon les mots du leader turc.

Ce mardi 2 janvier, le PCF publie un communiqué pour exprimer son indignation quant à cette visite du chef d'Etat turc, qualifié ici de "dictateur". On peut notamment y lire ceci :

L'annonce de la visite du président turc Erdogan à Paris, le 5 janvier 2018, tonne comme une provocation. Elle se déroulera la veille d'une manifestation commémorant l'assassinat de trois militantes kurdes il y a cinq ans. La justice française avait pourtant mis en évidence l'implication des services secrets turcs dans ce crime. La rencontre entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan constitue un nouvel outrage à l'égard des familles des victimes et des Kurdes qui subissent une impitoyable guerre meurtrière. [...] Le PCF condamne la visite du dictateur R.T. Erdogan et exprime sa solidarité totale avec tous les démocrates de Turquie.

Parallèlement, l'Elysée a fait savoir samedi soir qu'Emmanuel Macron abordera avec son homologue turc "la question des droits de l'Homme", mais aussi "le dossier syrien, sur lequel ils ont de multiples échanges, mais aussi palestinien". La rencontre aura lieu à 13h, vendredi prochain. A l'agenda du Président, on peut lire : "13H00 : Entretien suivi d'un déjeuner en l’honneur de M. Recep Tayyip ERDOGAN, Président de la République de Turquie".





Depuis la tentative de coup d'Etat manquée, le 15 juillet 2016, Recep Tayyip Erdogan a opéré un tournant autoritaire dans sa politique. Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou suspendues par vagues successives. Cependant, la Turquie reste un partenaire particulier dans la guerre contre Daesh, mais aussi dans sa gestion des flux migratoires, le pays étant la frontière entre l'Europe et l'Orient. Sauf qu'au milieu de tout cela, il y a les Kurdes. Ces derniers combattent eux-aussi Daesh, mais la Turquie, refusant l'idée d'un Kurdistan indépendant, continue de jouer à un jeu ambigu avec les kurdes. Le parti kurde, le PKK, est d'ailleurs considéré comme un groupe terroriste par Ankara.









[EDIT 03/01] Mélenchon condamne aussi

Après les communistes, c'est le chef de file de La France insoumise qui réagit à la venue du président turc Recep Tayyip Erdogan en France le 5 janvier prochain. Ce mercredi, Jean-Luc Mélenchon tweete :

Erdogan n'est pas le bienvenu à Paris. Pensée pour les milliers de Kurdes, nos camarades du HDP et les journalistes emprisonnés.

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