Éric Ciotti veut faire inscrire dans la Constitution les racines chrétiennes de la France

Publié à 20h21, le 08 janvier 2016 , Modifié à 11h57, le 18 mai 2016

Éric Ciotti veut faire inscrire dans la Constitution les racines chrétiennes de la France
Éric Ciotti © VALERY HACHE / AFP
Image Sylvain Chazot


"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale." L'article 1er de la Constitution de 1958 est quand même assez clair. Mais peut-être pas pour tout le monde.

Ce vendredi 8 janvier, à l'occasion de la présentation de ses vœux au conseil départemental des Alpes-Maritimes, dont il est le président, Éric Ciotti a en effet proposé que soient inscrites dans la Constitution de la 5e République les racines chrétiennes de la France. Il déposera même une proposition de loi en ce sens.

Éric Ciotti a dit :

La France est le fruit de ses racines chrétiennes. Notre devoir est de faire en sorte que la France reste la France ! C'est pourquoi, je vais déposer une proposition de loi visant à inscrire dans notre Constitution nos racines chrétiennes.

Certes, Éric Ciotti aimerait beaucoup que l'on inscrive dans la Constitution les "racines chrétiennes" de la France. Pour autant, il est clair : avant d'annoncer le dépôt d'une proposition de loi sur le sujet, il a tenu à affirmer son attachement à la République. "La République ne doit pas s'adapter aux lois religieuses, ce sont les lois religieuses qui doivent se soumettre à la République", a-t-il lancé.



On résume : La République ne doit pas se soumettre aux religions mais elle doit reconnaître les racines chrétiennes de la France.  

Vous pensez qu'Éric Ciotti se contredit tout seul ? Pas du tout. Contacté par le Lab, le député des Alpes-Maritimes estime que la France est "aujourd'hui dans une forme de contradiction comme on a pu le voir avec le débat sur les crèches de Noël". Il ajoute :

Il faut valider ce qui est culturel à une source religieuse. Le calendrier civil a par exemple intégré les fêtes religieuses. Pâques, l'Ascension, Pentecôte, ce sont des fêtes chrétiennes. Demain, cela pourrait être remis en cause… L'idée est donc de dire que la France est une République laïque d'influence et de valeurs chrétiennes.

Éric Ciotti explique encore que "son texte est prêt". Mais il attendra un peu pour le présenter. L'élu LR ne souhaite pas le mélanger à la réforme constitutionnelle en cours actuellement, à l'initiative de François Hollande après les attentats du 13 novembre. "Je le ferai après", indique-t-il.

En novembre dernier, Nadine Morano expliquait sur France 3 que "la laïcité et la loi sur la laïcité n'ont pas été faites pour gommer notre culture et nos racines chrétiennes". "J'entends à ce que nous conservions dans notre pays, la France, qui est un pays aux racines chrétiennes, sa culture", ajoutait l'eurodéputé.

Florian Philippot aussi s'était dernièrement pris les pieds dans le tapis de la laïcité qui, comme son nom ne l'indique pas, n'est pas une manière de promouvoir le christianisme au dépens des autres religions. En novembre, en pleine campagne des régionales, le n°2 du FN s'était opposé à l'enseignement de l'islam au lycée en Alsace-Moselle. Pour cela, l'élu frontiste avait défendu le Concordat au nom de… la laïcité.



[EDIT] 18 mai 2016 - La proposition de loi constitutionnelle est déposée 

Dans une interview à Valeurs actuelles à paraître le 19 mai, Eric Ciotti annonce le dépôt de sa proposition de loi constitutionnelle. Enregistrée à l'Assemblée nationale le 6 mai, elle comprend deux articles. Ils stipulent :

Article 1er : Au début de la troisième phrase du premier alinéa de l’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958, le mot : « Elle » est remplacé par les mots : « De tradition chrétienne, elle ». Article 2 : Le quatrième alinéa de l’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 est complété par le mot : « Laïcité».

Il n'y a pas encore de date pour un éventuel débat sur ce texte cosigné par une vingtaine de députés LR. Dans l'interview à Valeurs actuelles, le député explique :

La laïcité est un principe fondateur de notre République, je souhaite qu'elle en devienne également la devise (...) cette résolution doit nous permettre d'interdire le port des signes religieux dans les amphithéâtres d'université ( ...) mais aussi de couper court aux revendications sur les menus de substitution dans les cantines scolaires.

Il ajoute vouloir aller encore plus loin : "Le principe de neutralité existe déjà dans les services publics, mais pas dans le privé. Je suis profondément convaincu également que nous devrons dans un future proche imposer cette neutralité religieuse à tous les usagers du service public". Son texte était prêt en début d'année mais il voulait attendre la fin du débat sur la révision constitutionnelle pour le déposer. Voilà qui est fait.

Du rab sur le Lab

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