Guaino: "Un député obligé de justifier ses frais n'est plus libre"

Publié à 11h01, le 16 juillet 2012 , Modifié à 12h24, le 16 juillet 2012

Guaino: "Un député obligé de justifier ses frais n'est plus libre"
Henri Guaino sur i>TELE le 16 juillet 2012 (Capture d'écran)

Député pour la toute première fois, Henri Guaino tient énormément à ses frais de représentation. Invité de i>TELE ce 16 juillet, il explique pourquoi cette enveloppe de 6400 euros brut mensuelle n'a pas à subir de contrôles:"Si les députés sont obligés de justifier chaque dépense, alors ils ne vont plus être des députés libres."

Les parlementaires de la Commission des finances sont du même avis: le 11 juillet, ils ont voté contre une proposition de Charles de Courson (UDI) visant à fiscaliser la part de cette enveloppe non utilisée à des fins professionnelles. Les députés auraient ainsi dû détailler leurs dépenses.

Henri Guaino en profite pour ajouter: "Il n’y a pas une seule démocratie au monde où les députés ont aussi peu de moyens pour faire leur travail !" Ce qui est faux, et de loin.

  1. "Pas une seule démocratie où les députés ont aussi peu de moyens"

    Sur itele.fr

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    Ce sont des frais de représentation et si les députés sont obligés de justifier chaque dépense, alors ils ne vont plus être des députés libres.

    Quand il vous faut louer une permanence, payer des collaborateurs en plus de ceux déjà prévu par l’enveloppe réservée [plus de 9000 euros par mois ndlr], quand il vous faut inviter des gens dans votre circonscription ou ailleurs …

    Tout ça exige des frais assez importants, il n’y a rien de scandaleux.

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    Qu'on ne vienne pas lui casser les pieds avec ses frais de représentation. Sur i>TELE ce 16 juillet, Henri Guaino, fraichement député et franchement énervé, explique en quoi cette enveloppe de 6400 euros brut annuelle est légitime.

    Cinq jours plus tôt, la Commission des finances de l'Assemblée a enterré une proposition de Charles de Couson (UDI). Ce dernier voulait que les députés justifient les dépenses issues de cette enveloppe. Et que la part qui n'est pas destinée au travail soit imposable.

    Il faut dire que les indemnités pour frais de représentation font polémiques à cause de leur manque de transparence: les députés peuvent l'utiliser sans rendre de compte et sans rembourser les éventuels excédents.

    Le 15e rapport de la Commission pour la transparence financière de la vie politique estime que certains députés profitent de cette enveloppe pour s'enrichir, en ne l'utilisant pas à des fins professionnelles. En fin de mandat, un parlementaire peut ainsi avoir accumulé entre 1.400 et 200.000 euros.

    En mai dernier, le député socialiste Pascal Terrasse avait par exemple été accusé par Mediapart d'avoir utilisé cette enveloppe pour des déplacements privés.

    Mais sur i>TELE ce 16 juillet, Henri Guaino balaye la question et parle de "guerre stupide". Il ajoute que les députés français sont bien mal lotis par rapport à leurs homologues européens:

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    Il n’y a pas une seule démocratie au monde où les députés ont aussi peu de moyens pour faire leur travail.

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    Une affirmation totalement hasardeuse. L'Ifrap, un think tank libéral spécialisé dans l'analyse de la dépense publique, s'est penché sur les moyens accordés aux députés français [dossier payant] et en conclut:

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    La France est le pays d'Europe où le député appréhende personnellement le plus d'indemnités différentes pour un montant plus élevé.

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    Concrètement, une fois cumulées les différentes indemnités [salaire de base, primes, enveloppe pour les collaborateurs, frais de représentation, frais de voyage etc.], un député français dispose d'environ 160.000 euros par an pour travailler quand un Allemand gère 140.000 euros et un Britannique 105.000 euros annuels.

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