Jean-Frédéric Poisson ressent "comme une injure" les condamnations de ses propos sur les "lobbies sionistes"

Publié à 12h20, le 21 octobre 2016 , Modifié à 14h38, le 21 octobre 2016

Jean-Frédéric Poisson ressent "comme une injure" les condamnations de ses propos sur les "lobbies sionistes"
© JOEL SAGET / AFP

JE VOUS DEMANDE DE VOUS ARRÊTER - Expliquer mais ne pas s’excuser. C’est un grand classique en politique pour défendre ses propos après avoir créé une polémique. Ce vendredi 21 octobre, Jean-Frédéric Poisson s’essaie à l’exercice. Le président du Parti Chrétien-démocrate n’a pas apprécié qu'on condamne ses propos sur les "lobbies sionistes" aux Etats-Unis. Des condamnations qu’il ressent "comme une injure", comme il l'annonce sur France Info, il dit :

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De me traiter de la sorte, je ressens comme une injure, au fond. De ma part, c'est un commentaire sur le contenu de la vie politique américaine et si j'avais dû dire 'groupe de pression' pour donner à mon vocabulaire un caractère moins corrosif dans la vie politique en France, je veux bien parler de groupe de pression.

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Le candidat à la primaire de la droite a affirmé que "la proximité de [la candidate démocrate à la présidence américaine Hillary] Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France". Ce qui a fait vivement réagir le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui a demandé jeudi à "la Haute Autorité de la primaire de la droite et du centre une condamnation ferme des propos" de Jean-Frédéric Poisson.

Nathalie Kosciusko-Morizet, elle-même candidate à la primaire, a annoncé jeudi soir qu'elle saisirait vendredi la Haute Autorité, accusant son concurrent de diffuser des "thèses complotistes" et de propager l’"antisémitisme".

Thierry Solère, président de la Commission d'organisation de la primaire de la droite, a déjà indiqué que cette question serait à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la commission le 26 octobre.

Les propos de Jean-Frédéric Poisson ont également été condamnés par Bruno Le Maire, autre candidat à la primaire, qui participait jeudi soir à l'Émission Politique sur France 2. "Ce sera aux électeurs de juger", a-t-il dit.

Vendredi, Christian Estrosi, soutien de Nicolas Sarkozy pour la primaire, lui a demandé de "retirer" ses propos, faute de quoi il n'aurait "plus sa place dans la primaire". De même, Jean-François Copé a estimé auprès d'Europe 1 : "S'il ne corrige pas ses propos intégralement, ça me paraît compliqué".

La première réaction de Jean-Frédéric Poisson ne semblait pas vraiment aller dans le sens d’un retrait des propos.



[EDIT 14h35] 

Dans un communiqué, Jean-Frédéric Poisson "regrette infiniment que ces mots aient pu être interprétés comme de la haine à l'égard du peuple juif ou de l'Etat d'Israël : cette haine m'est totalement étrangère, je la combats, et je condamne, comme je l'ai toujours fait, l'antisémitisme tout autant que l'antisionisme." Il explique :

 

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Ma réponse relayait simplement ce que la presse spécialisée a écrit elle-même, en particulier à propos du discours du 16 mars 2016 de Hillary Clinton devant L'AIPAC. Et ce que les sites d'information, en France comme eux États-Unis, ont publié.

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Avant de terminer sur un taquet à ses concurrents à la primaire de la droite :

 

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Sur ces sujets complexes, je tâche d'aller au fond des sujets. Je ne reste pas au niveau de la superficialité et de l'émotion mal placée comme semblent le faire mes concurrents. J'attends de leur part non pas des condamnations morales, mais des objections.

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