Kippa et laïcité : la contradiction flagrante entre Marine Le Pen et Florian Philippot

Publié à 07h41, le 15 janvier 2016 , Modifié à 07h41, le 15 janvier 2016

Kippa et laïcité : la contradiction flagrante entre Marine Le Pen et Florian Philippot
Marine Le Pen et Florian Philippot © AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD
Image Sébastien Tronche


Florian Philippot sera-t-il sanctionné pour tenir une ligne différente de celle de la présidente du FN ? D’ordinaire, c’est ainsi que cela fonctionne au FN (n’est-ce pas Aymeric Chauprade ?). Mais cela sera peut-être différent pour le vice-président du mouvement frontiste.

Car, comme l’a repéré le Petit Journal de Canal +, jeudi 14 janvier, la position de Marine Le Pen sur la kippa en 2012 est en contradiction flagrante avec celle de son numéro 2 en 2016. Ainsi la patronne du parti d’extrême droite estimait au Monde, en 2012, fustigeant "le laxisme de l’Etat" :

Il est évident que si l’on supprime le voile, on supprime la kippa dans l’espace public.

Des propos maintenus le lendemain, le 22 septembre 2012, sur TF1. L’eurodéputée FN, défaite aux régionales dans la grande région Nord contre Xavier Bertrand et vraisemblablement de nouveau candidate à la présidentielle en 2017, expliquait alors que les juifs devaient faire "un petit sacrifice" en ne portant plus leur kippa :

Je demande à nos compatriotes juifs ce petit effort, ce petit sacrifice. Je suis sûre qu’une grande partie d’entre eux sont tout à fait prêts à faire ce petit sacrifice. 

Un passage du Petit Journal isolé par le Lab :




Retour en 2016. Le 13 janvier très exactement. Florian Philippot est interrogé sur le "conseil" du consistoire de Marseille aux juifs de la ville : ne plus porter la kippa dans la rue "jusqu'à des jours meilleurs", après l'agression d'un professeur juif par un adolescent se réclamant de Daesh. Cet appel "n'est pas la bonne solution", dit-il d'abord. Puis il "rapproche" cela avec "ce que l'on a vu à Cologne" et déroule cet argumentaire :

Ce n'est pas aux sociétés occidentales de s'adapter à la menace. À ce moment-là, on va dire aussi aux femmes : 'Couvrez-vous, mettez un voile, ça sera peut-être moins risqué', et puis on demandera aux Français de confession chrétienne de ne plus aller dans certaines églises parce qu'elles pourraient être menacées [...]. C'est pas possible. C'est pas possible, il faut qu'on réaffirme nos valeurs, notre liberté, nos modes de vie.

Une position en totale contradiction avec celle de Marine Le Pen en 2012.

Du rab sur le Lab

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