La mairie de Paris demande en vain à Capital de modifier un article qui accuse Anne Hidalgo d’emploi fictif

Publié à 08h37, le 14 novembre 2017 , Modifié à 08h37, le 14 novembre 2017

La mairie de Paris demande en vain à Capital de modifier un article qui accuse Anne Hidalgo d’emploi fictif
Anne Hidalgo. © AFP
Image Sébastien Tronche


MYSTÈRE ET BOULE DE GOMME - Le 25 octobre, Capital publiait une enquête accusant Anne Hidalgo d’avoir occupé un emploi fictif au ministère de la Justice. Puis, le 7 novembre, c’est le Canard Enchaîné, relayé par Capital, qui publiait de nouvelles révélations et accusations contre la maire de Paris. Enfin, le 13 novembre, Capital, toujours, publiait un nouvel article présentant le témoignage de Thierry Dahan, vice-président de l’Autorité de la concurrence et ex-conseiller ministériel de Marylise Lebranchu, a priori accablant pour Anne Hidalgo. "Je l’ai à peine croisée", affirmait-il dans ce qui était présenté comme un aveu de l’emploi fictif de l’édile parisienne.

Mais dans une lettre envoyée à la rédaction de Capital, révélée par Challenges le 13 novembre, ce même Thierry Dahan accuse le magazine de mentir et d’avoir déformé ses propos sur Anne Hidalgo. C’est à partir de ce témoignage, relate Challenges, que la mairie de Paris a demandé en vain à Capital de modifier son dernier article. "L'article en ligne sur votre site internet comporte des informations erronées, qui nuisent à l'image de la Maire de Paris et qui peuvent relever sur un plan légal du délit de diffusion de fausse nouvelle. Je vous remercie de modifier votre article en conséquence, et ceci dans les plus brefs délais", a requis le conseiller presse d'Anne Hidalgo Matthieu Lamarre.

Réponse de Capital, qui maintient ses accusations :

Dans un email envoyé à la rédaction ce lundi soir, Thierry Dahan conteste avoir tenu les propos cités dans notre article. Nous confirmons ces derniers. Ils ont été recueillis au cours d’un entretien téléphonique dont nous possédons l’enregistrement.

Dans sa missive, pourtant, Thierry Dahan se dit "scandalisé sur la forme comme sur le fond" par l’article de Capital. "Vous présentez mes propos comme un 'témoignage qui accuse' alors qu'il s'agissait simplement, à l'occasion d'une conversation plus large qui a aussi porté sur l'activité de l'Autorité de la concurrence, de répondre à vos questions sur la manière dont j'avais connu Mme Hidalgo lors de notre passage commun au cabinet de Mme Marylise Lebranchu, alors Garde des Sceaux. Je vous ai d'ailleurs indiqué que je n'avais aucune déclaration à faire à ce sujet et que je ne souhaitais pas être mentionné dans votre article. Vous n'en avez tenu aucun compte", peste-t-il. Avant de poursuivre :

Vous commencez par une phrase choc 'Je l'ai à peine croisée', laissant entendre que cette phrase vise la présence de Mme Hidalgo à son travail, alors que vous savez parfaitement, puisque je vous l'ai répété au moins dix fois, que cette phrase qui vous plaisait tant (je comprends aujourd'hui pourquoi) voulait simplement dire que nous nous étions croisés finalement très peu de temps, quelques mois tout au plus, dans un cabinet ministériel, il y a 17 ans et qu'elle était alors une collègue sur laquelle je n'avais pas de pouvoir hiérarchique.

Thierry Dahan reproche également à Capital d’écrire qu’il a "un souvenir clair de cette période" alors, affirme-t-il, qu’il a "passé (son) temps à dire que (ses) souvenirs de cette période était très flous" et qu’il n’avait "notamment aucun souvenir des dates".

Mais Capital maintient ses accusations et insiste sur le fait qu’ils ont un enregistrement de cette interview accusatrice.

Qui dit vrai ? Mystère et boule de gomme.

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