La stratégie du FN pour séduire les vieux qui ont "peur" de lui

Publié à 16h38, le 11 janvier 2016 , Modifié à 16h42, le 11 janvier 2016

La stratégie du FN pour séduire les vieux qui ont "peur" de lui
Marine Le Pen lors de la campagne des régionales © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Image Sylvain Chazot


AYEZ CONFIANCE - Le Front national a un problème : le parti progresse mais ne s'impose pas. Les régionales, où le camp frontiste est arrivé en tête dans six régions au premier tour mais n'en a finalement remporté aucune, en est un très bon exemple. À un an et demi de la présidentielle, Marine Le Pen et les siens veulent bouleverser l'ordre des choses. Cela passera par un séminaire organisé du 5 au 7 février fermé à la presse et où se réuniront les principaux cadres frontistes.



Parmi les chantiers auxquels veut s'atteler le FN, il y le vote des seniors. Pas facile de séduire cet électorat lorsqu'on promet de tout bouleverser en sortant la France de l'euro. Avant les régionales, Marion Maréchal-Le Pen regrettait le vote "irrationnel" des personnages âgées. "Quand je les vois sur les marchés, ça se passe bien, ils me disent qu’ils m’apprécient, mais aussi qu’ils ne voteront pas pour moi", disait-elle à Europe 1 en octobre dernier. "Ce sont les actifs qui m'accordent leur confiance, c'est-à-dire la France qui travaille, alors que pour Christian Estrosi, ce sont les inactifs et les personnes âgées", ajoutait-elle auprès de Midi Libre.

Il y a une inertie dans leur vote, ils sont conservateurs par nature", analyse ce lundi un dirigeant FN cité par Le Monde ce lundi 11 janvier.

L'objectif est donc de tempérer les inquiétudes des vieux. Egalement dans Le Monde, Florian Philippot assume :

Comment est-ce qu’on parle aux personnes âgées, alors qu’elles ont peur de nous ? Il faut rassurer.

"Rassurer" car le FN fait peur. Wallerand de Saint Just faisait la même analyse en avril dernier. "Quelqu’un qui prend sa retraite, qui touche sa pension, n’a pas envie que les choses bougent, notamment sur le plan bancaire et monétaire. C’est une réaction normale, il devient plus conservateur. Nous qui avons un programme susceptible d’entraîner des bouleversements, nous ne sommes pas bien vus dans cette population", analysait le trésorier du FN auprès de L'Opinion.

Cela passera par de la pédagogie. Il faudra expliquer, par exemple, que la sortie de la France de l'euro n'impactera pas négativement les retraités. Le secrétaire général du FN Nicolas Bay précise au Monde :

Il faut montrer que nous sommes pragmatiques, pas dogmatiques, et que nous voulons sortir en douceur des erreurs du système : l’euro dessert nos intérêts, n’est pas un système viable, et n’a été copié nulle part dans le monde.

Ayez confiance. Le mot d'ordre est lâché. Le FN a un an et demi pour corriger la supposée irrationalité du vote senior. 

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