Laurent Wauquiez fait le minimum syndical pour réduire ses avantages dans la fonction publique

Publié à 09h20, le 20 septembre 2017 , Modifié à 09h20, le 20 septembre 2017

Laurent Wauquiez fait le minimum syndical pour réduire ses avantages dans la fonction publique
© Captures d'écran BFMTV

Laurent Wauquiez n'a pas envie de subir une affaire Fillon bis. Candidat à la présidence de Les Républicains, l'ancien député de Haute-Loire est confronté à une grosse polémique depuis les révélations, mi-septembre, de Lyon Capitale. L'hebdomadaire lyonnais avait révélé que Laurent Wauquiez s'était mis en détachement du Conseil d’Etat depuis 2004, juste après son élection à l'Assemblée nationale. Un détachement toujours renouvelé depuis et qui permet à l’actuel président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes de conserver son avancement et de cumuler les points de retraite. Pour un poste qu’il n’a effectivement  occupé que deux mois.

Faux, rétorque ce mercredi 20 septembre Laurent Wauquiez, sur BFMTV, expliquant avoir travaillé trois ans comme auditeur. "Je n'ai cherché à rien cacher puisque ma situation a été publiée au Journal officiel", assure-t-il. Mais quand même, pour quelqu'un qui se plaît à fustiger "le cancer de l'assistanat", la situation n'est pas très agréable. Alors Laurent Wauquiez réagit :

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Ma situation qui est la mienne est la simple application de la loi. Et je comprends que ça puisse choquer. […] Ça pose des questions morales parce qu'en ce moment, on demande beaucoup d'efforts aux Français. Et du coup, tout avantage pour un élu choque profondément les Français. […] J'ai donc décidé de mettre fin à tout avantage dont je pourrais aujourd'hui bénéficier dans mes cotisations de retraite. Ce qui signifie que je mets fin à mon détachement et que je me mets en disponibilité de la fonction publique et du juge administratif que je suis.   

 

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Le président d'Auvergne-Rhône-Alpes reconnaît néanmoins avoir commis "une erreur". Il aura fallu attendre les révélations de Lyon Capitale pour que l'élu LR prenne la mesure des avantages dont il bénéficie et y mette un terme. Il dit :

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On peut commettre des erreurs mais l'important, c'est de savoir les rectifier.

 

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Et Laurent Wauquiez d'estimer qu'il "montre l'exemple". Il espère d'ailleurs que d'autres élus locaux suivront.

Mais il faut tout de même noter une subtilité : Laurent Wauquiez ne démissionne pas de la fonction publique, comme avaient pu le faire en son temps Bruno "défroqué de la fonction publique" Le Maire, ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, Emmanuel Macron, etc. Et pour cause : le favori pour prendre la présidence de LR espère bien pouvoir, un jour, retourner travailler dans la fonction publique. Cela est possible s'il est en disponibilité. Il ne cumulera plus, en revanche, les points retraite.

Cela n'a l'air de rien, mais cela change tout.

"Je suis contre les élus professionnels. Je suis contre ceux qui ne vivent que de la politique. J'ai eu un métier avant et j'aurais un métier après", dit celui qui a été élu député à 29 ans. Il conclut en reprenant une formule un tantinet connoté, surtout lorsqu'elle est formulée sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin. "Mon comportement, les yeux dans les yeux, il est en parfaite adéquation avec mon discours", jure-t-il, en réponse à ceux qui l'accusaient de profiter du système – voire même d'Olivier Faure qui l'a soupçonné d'avoir un emploi fictif. Les yeux dans les yeux, donc… Oh wait !

Le candidat à la présidence de LR martèle son argument : ne pas démissionner le rendrait, selon lui, libéré, délivré. "Si vous ne voulez pas avoir que des élus qui ont fait fortune, c'est important que les gens sachent qu'ils ont aussi un métier et que ce métier leur donne une indépendance. Je ne dépends pas de mes mandats électoraux", assure-t-il.   

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