Le FN profite des victoires de son oncle américain Donald Trump pour critiquer les médias français

Publié à 07h57, le 24 février 2016 , Modifié à 07h59, le 24 février 2016

Le FN profite des victoires de son oncle américain Donald Trump pour critiquer les médias français
© montage via AFP
Image Sylvain Chazot


Donald Trump est sur une excellente dynamique. Le multimilliardaire américain a remporté, mardi 23 février, le caucus du Nevada, nouvelle étape dans l'attribution de l'investiture du parti républicain pour la présidentielle américaine.

De notre côté de l'Atlantique, celui qui aime tellement choquer en tenant des propos racistes ou misogynes, voire les deux, peut compter sur le soutien du Front national. Robert Ménard, par exemple, a clairement choisi entre l'homme d'affaire, qui veut construire un mur entre les États-Unis et le Mexique, et le pape François, qui appelle à l'accueil des réfugiés.  

Peut-être qu'inconsciemment, certains retrouvent dans l'attitude provocatrice de Donald Trump les mêmes codes génétiques que chez l'ostracisé Jean-Marie Le Pen. Ce ne sont pourtant les premiers fans du "Menhir" qui vantent aujourd'hui les mérites du candidat républicain.

Cité par Le Monde ce mercredi 24 février, Florian Philippot assure :

Quand on voit Trump et Sanders qui sont en forme dans les élections, côté républicain et démocrate, ça prouve que, là aussi, il y a une remise en cause de l’establishment.

"L'establishment" et donc, évidemment avec le Front national, les journalistes. Louis Aliot, par exemple, reconnait d'emblée ne pas connaître le programme de Donald Trump "dans le détail". Cela ne l'empêche pas d'avoir un avis. "Les médias français sont partisans, ce qui rend Trump sympathique aux yeux de beaucoup…", jure-t-il auprès du quotidien du soir.

Un discours que semble valider Nicolas Bay, qui ajoute :

Trump est moins caricatural que la façon dont il est présenté. Quand on voit la campagne américaine, on se dit que les propos sont beaucoup plus libres. Il y a une police de la pensée en France qui n’existe pas aux Etats-Unis.

La liberté d'expression, inscrite dans le premier amendement de la Constitution américaine, est sans doute plus défendue aux États-Unis qu'en France. Mais Nicolas Bay et Louis Aliot oublient une donnée : Donald Trump est lui-aussi très critique à l'égard des médias américains, et pas forcément ceux qu'on imagine.

Fin janvier, il avait par exemple boycotté un débat entre candidats républicains animé par la journaliste de Fox News Megyn Kelly, avec laquelle il est en conflit ouvert. En novembre, il avait également adoré se moquer d'un journaliste handicapé...

Comme quoi, d'un côté de l'océan ou de l'autre, certaines problématiques sont immuables. 

Du rab sur le Lab

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