Le FN va lancer un collectif informel à destination de l'électorat juif

Publié à 17h44, le 21 avril 2016 , Modifié à 17h50, le 21 avril 2016

Le FN va lancer un collectif informel à destination de l'électorat juif
Marine Le Pen © PATRICK KOVARIK / AFP

Depuis longtemps, déjà, Marine Le Pen entend présenter le Front national comme un rempart pour les Français juifs face au "fondamentalisme islamiste". Les Français de confession juive "doivent combattre et combattre auprès de ceux qui, précisément, ont été lucides sur ce danger du fondamentalisme et qui proposent de véritables solutions", lançait la présidente frontiste en mars 2015.

À un an de l'élection présidentielle, le parti fondé par Jean-Marie Le Pen a décidé d'aller plus loin. Un collectif informel destiné aux électeurs juifs va être créé, annonçait le Jerusalem Post le 13 avril. Une information reprise ce jeudi 21 avril par l'hebdomadaire Valeurs Actuelles et confirmée au Lab par Michel Thooris, ancien conseiller police de Marine Le Pen, aujourd'hui membre du comité central du FN. C'est lui qui, d'ici l'été, prendra la tête de ce comité informel.

Ce mouvement doit, selon Michel Thooris, être développé dans le cadre d'une association loi 1901. Il sera donc distinct du Front national ou des autres collectifs lancés dernièrement par le parti. "Ce n'est pas une création du FN mais d'amis du FN et de Marine Le Pen", précise au Lab Louis Aliot. "Il ne s'agit pas d'un collectif mais d'une association de patriotes de confession israélite qui existait déjà en 2012 et dans laquelle Michel Thorris avait déjà des responsabilités", tempère auprès du Lab Marine Le Pen qui répète que son parti "n'est pas intervenu". 

La présidente du FN fait référence à l'Union des Français juifs, présidée par Michel Ciardi et à laquelle appartenait Michel Thooris. Le collectif informel que va créer ce dernier n'a cependant rien à voir avec l'UFJ. "On lance une nouvelle association, on part sur du neuf", dit-il.

Des statuts propres ont été rédigés et vont être déposés prochainement. Et si le collectif est indépendant du FN, "il aura toutefois une proximité avec Marine Le Pen", précise ce membre du comité central du parti.

Il développe :

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Marine Le Pen laisse les initiatives se faire. Elle nous laisse notre liberté d'action mais elle regardera nos travaux d'un œil. Notre but est de réfléchir à toutes les questions, de permettre à des gens de la communauté juive de s'exprimer. On formulera des propositions pour la campagne présidentielle mais sans faire de pression sur Marine Le Pen.

 

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S'adresser directement à une communauté peut apparaître contradictoire pour un parti qui met constamment en avant l'indivisibilité de la communauté nationale. Cela l'est encore plus quand ce mouvement politique a, de par son fondateur, une histoire quelque peu compliquée avec la communauté juive. "Des erreurs ont été commises, c'est certain", reconnaît auprès du Lab Wallerand de Saint Just. Les mots de Jean-Marie Le Pen expliquant que les chambres à gaz sont un "détail de la Seconde guerre mondiale" ou pensant faire un bon mot en lançant "monsieur Durafour crématoire", n'ont sans doute pas créé un terrain propice aux relations apaisées.

Pour autant, "ce collectif n'a pas une vocation communautaire", jure Michel Thorris. Louis Aliot abonde dans ce sens :

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[L'objectif est] de contester la dictature de la représentation et de la diffamation permanente du CRIF à l'égard du Front ! Ce collectif ne se prononce pas sur la politique étrangère ou la religion comme le CRIF. Il est là pour lutter contre les diabolisateurs communautaires du FN.

 

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"On a pour objectif de tordre le cou à cette idée selon laquelle le FN ne défendrait pas la communauté juive, poursuit Michel Thooris. Aujourd'hui, il y a une mainmise du CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France, NDLR] et beaucoup de Français juifs recherchent des solutions politiques alternatives. Car le CRIF ne représente que lui-même et ne défend pas les intérêts de la communauté juive."

Wallerand de Saint-Just voit, quant à lui, cette association comme une manière d'avoir des contacts au sein de la communauté juive. "Si on peut trouver des formules pour parler aux organismes institutionnels, tant mieux", lance le trésorier du FN.

Comme le rappelait en 2011 le blog hébergé par Le Monde Droite Extrême, Michel Thooris est proche de l'extrême droite israélienne. Par le passé, le frontiste a, à plusieurs reprises, défendu la très controversée Ligue de défense juive (LDJ), considérant que l'association tient "une mission de service public en défendant les personnes et les biens".

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