Le jour où François Baroin a envisagé la sortie de la France de la zone euro

Publié à 07h50, le 31 octobre 2012 , Modifié à 07h50, le 31 octobre 2012

Le jour où François Baroin a envisagé la sortie de la France de la zone euro
François Baroin, à Davos, le 27 janvier 2012. (Reuters)
Image Sébastien Tronche

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"BLACK SWAN." C’est le nom de code donné par François Baroin à une réunion secrète qu’il a organisé en novembre 2011 à Bercy pour envisager un "scénario cauchemar", une sortie de la France de la zone euro.

"Chacun sait que l’objet seul de la réunion, s’il était connu, pourrait avoir des conséquences désastreuses." En novembre 2011, François Baroin, alors ministre de l’Economie, envisage une sortie de la Grèce, et de la France, de la zone euro.

Un scenario catastrophe qu’il révèle dans un ouvrage intitulé Journal de Crise (éd. Jean-Claude Lattès), et dont les meilleurs feuilles sont publiées par L'Express, dans son édition du 31 octobre.

 

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    "De la folie d’en parler"

    En novembre 2011, la crise de la zone euro est à son paroxysme. "L’Union européenne est dans le cyclone", écrit dans son livre Journal de crise, François Baroin, qui raconte comment il a organisé une réunion de travail pour envisager les pires scénarios. Une réunion qu’il a baptisé "Black Swan" :

    C’est le nom que j’ai choisi de donner à une réunion dont il n’y a aucune trace.(…)Il s’agissait d’imaginer l’hypothèse la plus sombre de notre histoire économique moderne.

    A savoir un éclatement de la zone euro. Pour cette réunion secrète, François Baroin convie trois personnes "de confiance" dans son bureau "au sixième étage à Bercy". Une réunion "sans document".

    Chacun sait que l’objet seul de la réunion, s’il était connu, pourrait avoir des conséquences désastreuses.

    Et l’ancien protégé de Jacques Chirac d’expliquer sa démarche :

    Ce rendez-vous non-officiel ne porte pourtant que sur des hypothèses de travail.Ce serait de l’inconscience de ne pas les envisager. Et de la folie d’en parler.

    Imaginant "le pire", à savoir "la sortie de la Grèce de l’euro, un effet de contamination, une théorie des dominos qui entraînerait de facto la sortie de la France", François Baroin et ses équipes se préparent alors à deux hypothèses :

    Le coût de la sortie de la Grèce de la zone euro pour la France.Et deux types de pertes : celles du secteur banques-assurances, et celles de l’éclatement de la zone tout entière.

    Dans cet ouvrage, François Baroin révèle également un échange pour le moins houleux et très peu diplomatique entre Barack Obama, président des Etats-Unis, et Nicolas Sarkozy, alors président Français, le 21 septembre 2011, dans une salle de travail du Siège des Nations-Unies.

     

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