Le maire FN d'Hayange se défend d'être "anti-Secours populaire" même s'il le prive de local car "communiste et "pro-migrants"

Publié à 19h54, le 29 septembre 2016 , Modifié à 09h55, le 30 septembre 2016

Le maire FN d'Hayange se défend d'être "anti-Secours populaire" même s'il le prive de local car "communiste et "pro-migrants"
Fabien Engelmann © AFP
Image Sylvain Chazot


L'antenne d'Hayange du Secours populaire est priée de quitter son local occupé à titre gratuit avant le vendredi 1er octobre. Ce jour-là, un huissier de justice se présentera sur place. Le cas échéant, il lancera une procédure d'expulsion. C'est que le maire FN d'Hayange, Fabien Engelmann, ne veut plus voir l'association dans les parages. Mais pourquoi tant de haine ? Parce que selon le premier édile, le Secours populaire d'Hayange n'est ni plus ni moins qu'une antenne du Parti communiste. C'est exactement ce qu'il a déclaré à l'AFP ce jeudi :



Je n'ai rien contre le Secours populaire, mais à Hayange la présidente et le trésorier sont des militants du PC, qui font de la propagande pro-migrants toute l'année et utilisent l'image du Secours Populaire pour faire de la politique.

Contacté par le Lab, Fabien Engelmann va plus loin, expliquant que, selon lui, l'antenne locale du Secours populaire "salit la majorité FN" à longueur de temps. Mais il se défend d'être anti-association. Sa défense tient en deux points :

1)     La mairie travaille avec des associations "de gauche qui ne font pas de propagande"

2)     Une autre association sera hébergée dans le local du Secours populaire, jure-t-il.

Fabien Engelmann assure également ne pas être anti-Secours populaire :

Je ne suis pas anti-Secours populaire. J'ai un ami qui est au Secours populaire, mais dans une autre section que celle d'Hayange.

Mais alors pourquoi tant de haine ? Au téléphone, Fabien Engelmann a un peu de mal à donner des exemples de "propagande pro-migrants" et d'activité communiste, si ce n'est qu'il considère la présidente de l'association comme une "communiste idéologue et malhonnête". "Quand on fait d'une association hébergée à titre gratuit, sans bail, qui ne paye ni l'eau ni l'électricité, une association de propagande, il faut ensuite assumer", dit le maire au Lab. Mais toujours pas d'exemples.

Et puis, à force de l'interroger sur le sujet, Fabien Engelmann évoque des propos tenus par Anne Duflot-Allievi dans Libération en décembre 2015. Le sujet ? Un goûter de Noël. "Engelmann a décidé que seuls pourraient venir ceux dont les parents touchent les minima sociaux, donc exit les migrants !", avait-elle déclaré au quotidien. Faux, rétorque Fabien Engelmann qui accuse le Secours populaire d'avoir au contraire voulu que ce goûter soit réservé aux enfants dont les parents touchent les minima sociaux… "Je me suis mis plein de parents à dos et j'ai dû organiser un autre goûter en vitesse pour tous les enfants", dit-il.

C'est donc parole contre parole dans cette histoire. De son côté, Anne Duflot-Allievi estime que ce sont ses propos tenus dans Libé qui sont à l'origine de la guerre lancée par la municipalité d'Hayange contre l'antenne locale du Secours populaire. Selon elle, le maire reproche également au Secours populaire d'avoir travaillé, lors d'un événement caritatif, avec l'association "Hayange, plus belle ma ville", opposée à la municipalité FN.

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