Les anecdotes cruelles de Jean-Christophe Cambadélis sur François Hollande

Publié à 17h02, le 26 septembre 2017 , Modifié à 21h51, le 26 septembre 2017

Les anecdotes cruelles de Jean-Christophe Cambadélis sur François Hollande
Jean-Christophe Cambadélis et son meilleur ami. © STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


MERCI POUR CE MOMENT - Depuis sa déculottée aux élections législatives, Jean-Christophe Cambadélis a du temps. Et l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste – qui quittera officiellement son ancien poste samedi 30septembre –  a trouvé un nouveau hobby : déverser son fiel contre ses anciens camarades du PS. Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon,… Ils en prennent tous pour leur grade dans Chronique d’une débâcle (éditions L’Archipel), à paraître mercredi 27 septembre. Mais celui qui a gardé une place de choix dans le cœur de Jean-Christophe Cambadélis reste de très, très loin François Hollande.

Dans les bonnes feuilles de ce livre-confessions, publiées par le magazine Challenges mardi 26 septembre, l’ancien "boss" de Solférino décrit François Hollande comme un homme incapable de dire non. "On pourra tout lui demander, même le plus grotesque, il y répondra", écrit Jean-Christophe Cambadélis. Selon lui, le costume de "président normal" date de 2011 et l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York. Premier secrétaire du PS, François Hollande prend la parole. Cambadélis raconte la suite :

Devant tant de regards qui sont autant de demandes, il hésite, recule sur son siège et, d’une intervention courte – alors qu’il a pour habitude de faire long –, pointe uniquement le nécessaire respect du calendrier. Une sortie désincarnée, sans compassion aucune, au ton neutre pour ne pas dire froid. On le sent : il n’est pas prêt. Lui qui se voyait volontiers Premier ministre de DSK, le voici en première ligne […] Il se dérobe à la fonction à laquelle il est désormais censé aspirer. Il ne se résignera à enfiler le costume qu’en le retaillant à sa mesure, ou à ce qu’il était capable à ce moment - là d’assumer : 'l’homme normal'.

Jean-Christophe Camabdélis semble, selon ses écrits, avoir vu avant tout le monde les ambitions d’Emmanuel Macron. Il aurait même averti à plusieurs reprises le Président de son pressentiment. Dans Chronique d’une débâcle, il écrit :

Il est quand même bizarre, ton gars. Je ne suis pas certain qu'il ait en tête notre maintien au pouvoir. Il se voit jouer un rôle plus autonome.

Et finalement, Hollande et Cambadélis découvriront lors d’un dîner de l’Elysée les ambitions de Macron, à la télévision. Il décrit la scène dans son livre :

Ce moment donna lieu à l’une des scènes les plus cocasses de nos rendez-vous du mardi soir. Nous dînons dans les appartements privés du président, dont la salle à manger n’est pas équipée d’une télévision permettant de voir Emmanuel Macron poser les jalons de sa future candidature. Les agents de l’Élysée s’activent pour dresser un immense écran qui ne fonctionne pas bien. Il s’éteint puis redémarre, avec un Macron couleur pastel puis virant au rouge... pendant que Didier Guilaume, président du groupe socialiste au Sénat, mime l’orateur, reproduisant ses propos, étant donné que nous n’avons plus de son. Le président rit jaune. Il s’énerve même, fait rarissime.Les huissiers se dépêchent, changent la télévision de place. Emmanuel Macron vire au vert pâle et sa voix tourne au ralenti. La tablée est prise d’un fou rire. Stéphane Le Foll rappelle qu’il l’avait bien dit. Le président est au paroxysme de l’agacement en éteignant le téléviseur. Tout le monde comprend qu’Emmanuel Macron ne reviendra pas, ne se retirera pas, ne se rabattra pas.

Si on découvre toute l’estime que porte Jean-Chrisotphe Cambadélis à ses *amis* socialistes, on apprend surtout un SCOOP : François Hollande s’est énervé au moins dans sa vie. 

Du rab sur le Lab

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