Malgré le gros recadrage de Macron, le président LREM de la commission de la Défense conteste le budget de la Défense

Publié à 10h30, le 14 juillet 2017 , Modifié à 18h12, le 14 juillet 2017

Malgré le gros recadrage de Macron, le président LREM de la commission de la Défense conteste le budget de la Défense
Jean-Jacques Bridey © AFP
Image Etienne Baldit


CHEF, NON CHEF - Cela sonne comme le tout premier acte de défiance d'un membre important de la majorité envers le président Macron. Et ce, le 14-juillet et en pleine polémique autour du budget de la Défense, alors que le chef de l'État (mais surtout des armées, en l'occurrence) a tenté d'imposer sèchement son autorité aux cadres de l'état-major qui contestent publiquement les arbitrages de l'exécutif. Jean-Jacques Bridey, président (La République en marche) de la commission de la Défense de l'Assemblée et conseiller défense d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, entre lui aussi dans la danse de la protestation.

Sur RFI vendredi 14 juillet, le député du Val-de-Marne dit "regretter" les économies demandées au ministère de la Défense. Ne s'arrêtant pas là, il conteste clairement un sens des priorités qu'il ne partage pas :

C'est un choix. Personnellement, je le regrette, surtout quand je vois l'explication qui a été donnée par Bercy, puisqu'on nous dit qu'il faut faire 4 et quelques milliards d'économies mais que dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d'ouverture de crédit pour la capitalisation d'Areva.

Jean-Jacques Bridey va donc clairement dans le sens du chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, ainsi que d’autres haut-gradés, qui plaident depuis plusieurs jours dans les médias et devant les parlementaires pour un rééquilibrage budgétaire. Ce qui leur a valu un très sévère recadrage de la part d'Emmanuel Macron pas plus tard que ce jeudi.

>> À lire : Budget des armées : un général dénonce "l’amateurisme" du gouvernement

À l'hôtel de Brienne devant les armées pour le traditionnel discours d'avant 14-juillet, le Président a en effet produit ce gros acte d'autorité :

Il ne m’a pas échappé que ces derniers jours ont été marqués par de nombreux débats sur le sujet du budget de la Défense. Je considère, pour ma part, qu’il n'est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n’ai, à cet égard, besoin de nulle pression et de nul commentaire. De mauvaises habitudes ont parfois été prises sur ces sujets, considérant qu’il devait en aller des armées comme il en va aujourd’hui de nombreux autres secteurs. Je le regrette. J’aime le sens du devoir. J’aime le sens de la réserve qui a tenu nos armées où elles sont aujourd’hui. Et ce que j’ai parfois du mal à considérer dans certains autres secteurs, je l’admets encore moins lorsqu’il s’agit des armées.

Pas suffisant, semble-t-il, pour empêcher Jean-Jacques Bridey de dire le fond de sa pensée publiquement quelques heures plus tard. Où l'on découvre que, malgré une certaine caporalisation de la majorité parlementaire, des dissensions commencent à se faire jour en macronie...

[EDIT 18h10]

Dans la journée, deux autres députés LREM ont eux aussi contesté ces arbitrages budgétaires, comme l'a repéré un journaliste du Figaro. Il s'agit de Jean-Charles Larsonneur et Gwendal Rouillard :









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