Marion Maréchal-Le Pen attaque Florian Philippot : "on ne définit pas la ligne du FN seul sur BFMTV"

Publié à 09h03, le 11 décembre 2016 , Modifié à 09h43, le 11 décembre 2016

Marion Maréchal-Le Pen attaque Florian Philippot : "on ne définit pas la ligne du FN seul sur BFMTV"
Marion Maréchal-Le Pen © AFP
Image Sylvain Chazot


L'esprit de Noël recouvre le Front national. Oh mais pas l'esprit guilleret où, comme dans un film américain, on rit, on danse et on chante. Non, on vous parle du véritable esprit de Noël, celui où, à table, tout le monde finit par se crêper le chignon entre la dinde et la bûche. Du côté de l'extrême droite, on en est là, exactement, du moins entre Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen.

Les deux cadres frontistes ne s'apprécient guère. Cela n'est pas nouveau. Entre la première, tenante d'une ligne identitaire et le second, chantre d'un FN prétendument social, le gouffre est bien plus grand que les deux ne veulent l'admettre. Ou plutôt voulaient. Car, désormais, les attaques de l'un envers l'autre ne se font plus par off interposés mais s'affichent ostensiblement dans la presse.

Ce dimanche 11 décembre dans le JDD, Marion Maréchal-Le Pen s'en prend ainsi ouvertement à Florian Philippot. Elle dit :

Quand on définit la ligne du FN ou qu'on décide d'un changement stratégique, on le fait dans les instances du parti, on ne le fait pas seul sur BFTMV ! J'accepte l'idée qu'au FN, certains puissent être issus de parcours différents. Je rappelle que Florian [Philippot] a pris des positions sur lesquelles il était minoritaire au sein du Front, notamment sur la campagne gouvernementale de lutte contre le sida qui m'apparaissait, à moi, très gênante, pour les enfants mais aussi pour les homosexuels [voir ici]. La majorité, au FN, ne partage pas du tout ce choix.

Le sujet de tension est le même que celui de la semaine écoulée : le remboursement de l'IVG. Lundi 5 décembre, dans le journal d'extrême droite Présent, Marion Maréchal-Le Pen a déclaré qu'il fallait revenir sur le remboursement "intégral et illimité" de l'avortement. Plus ou moins ce que proposait Marine Le Pen en 2012 lorsqu'elle dénonçait les "IVG de confort" mais la présidente du FN a, sur ce point, changé d'avis et, voulant s'afficher comme une candidate féministe, elle a vertement recadré sa nièce. De son côté, sur BFMTV justement, Florian Philippot a estimé que Marion Maréchal-Le Pen était "une personne seule et isolée" au sein du FN sur la question de l'IVG.

La réplique du n°2 du FN a donc mis le feu aux poudres. Dans le JDD, Marion Maréchal-Le Pen rappelle la position de Marine Le Pen sur le sujet il n'y a pas si longtemps. "Cette position, qu'il [Florian Philippot] qualifie d'isolée, était défendue par Marine Le Pen en 2012, à l'époque avec beaucoup de courage et de talent", assène-t-elle, avant de souligner, en passant, qu'elle a été élue en première position lors du congrès de Lyon, en novembre 2014. Florian Philippot, lui, avait terminé quatrième.

Une manière pour Marion Maréchal-Le Pen de répondre que non, contrairement à ce que déclare le n°2 du FN, elle n'est pas isolée. Elle ajoute :

J'aurais aimé un peu plus de respect de la part de Florian Philippot. Il parle de moi dans les médias en disant 'cette personne' ; je trouve cette appellation assez inadéquate. Il y a un minimum de bienséance et de respect mutuel à avoir. Rien ne pouvait justifier une telle agression.

L'ambiance est donc plus que tendue entre les deux cadres frontistes. À cinq mois de l'élection présidentielle, cela n'augure rien de bon.

 



[BONUS TRACK] Héritière

Jean-Marie Le Pen n'est plus membre du FN mais il en reste le président d'honneur. Cela ne fait pas vraiment plaisir à la direction du parti qui s'échine, depuis deux ans, à virer cet encombrant patriarche.

Marion Maréchal-Le Pen tient, elle, à apporter son soutien à son grand-père. Dans le JDD, elle loue son héritage politique. "Je ne peux laisser affirmer que le FN existerait sans Jean-Marie Le Pen", glisse-t-elle. Elle poursuit :

Il y a eu une incapacité de cohabitation humaine entre Marine [Le Pen] et Jean-Marie Le Pen, dont j'ai souffert. Mais nous sommes tous des héritiers de Jean-Marie Le Pen.

Voilà qui devrait encore ravir Florian Philippot. 

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