Mélenchon se réjouit un peu trop vite de l'évolution de Hamon au sujet de l'Europe

Publié à 15h57, le 03 décembre 2017 , Modifié à 20h01, le 03 décembre 2017

Mélenchon se réjouit un peu trop vite de l'évolution de Hamon au sujet de l'Europe
© Montage via AFP
Image Sylvain Chazot


Benoît Hamon peut-il et veut-il travailler avec Jean-Luc Mélenchon ? À cette question posée, certains ténors de La France insoumise veulent répondre oui, assurément. Quand bien il y aurait quelques problèmes d'ego de-ci, de-là, ce n'est pas une raison pour ne pas discuter. D'autant qu'existeraient des grands sujets d'entente. Ce dimanche 3 décembre, au lendemain du lancement du mouvement hamoniste Génération.s, Jean-Luc Mélenchon et Éric Coquerel se sont ainsi félicités d'un supposé changement de ton de l'ancien socialiste au sujet de l'Europe.

Sur Twitter, le leader de La France insoumise a écrit :

Bienvenue au 'Plan B' si Hamon est prêt à 'sortir du jeu' de l'Europe comme il l'a dit à sa réunion au Mans.

L'Europe a effectivement été au cœur du lancement officiel de Génération.s. "Nous refusons l’Europe sans politique défendue par les néo-libéraux, mais aussi la politique hors de l’Europe des nationalistes. Nous leur opposerons un bloc progressiste européen", a ainsi lancé Benoît Hamon, appelant notamment à "la construction d'une autre Europe".

Mais pas sûr que le modèle européen vanté par le 5e homme de la présidentielle soit raccord avec le "plan B"du leader de La France insoumise. Le projet de LFI est bien de "reconstruire l’Union Européenne : en faire une Union de Paix, de solidarité et d’écologie". Mais dans ce fameux "plan B" pour l'Europe, LFI propose de "stopper la contribution de la France au budget de l’Union Européenne", de "réquisitionner la Banque de France pour transformer l’euro en monnaie commune", de "mettre en place un contrôle des capitaux et des marchandises nationales pour éviter l’évasion fiscale des plus riches et des plus grands groupes" et de "construire des nouvelles coopérations avec les Etats qui le souhaitent en matière culturelle, éducative, scientifique…"









Ce dimanche, au Grand Jury RTL / LCI / Le Figaro, Benoît Hamon a critiqué certaines positions de Jean-Luc Mélenchon au sujet de l'Europe. "Il ne faut pas jeter l'Europe avec le néo-libéralisme", a-t-il déclaré avant de préciser :

Il a eu une déclaration qui marque peut-être un tournant : quand il dit 'I want my money back', c'est-à-dire qu'on renonce à l'idée que l'Union européenne soit une union de transfert, donc de solidarité, 'rendez-nous l'argent que nous avons mis sur la table'.

Sur Twitter, Yves Contassot contredit d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon : 





Et voici le passage en question, qui a semble-t-il créé une certain confusion chez Jean-Luc Mélenchon, comme l'a noté la journaliste de l'AFP Stéphanie Lerouge : 





Fin octobre, Jean-Luc Mélenchon a durci le ton contre l'Europe, dénonçant dans une vidéo postée sur YouTube le montant de la contribution française au budget de l'Union européenne, soit 20 milliards d'euros et des brouettes. "Heureusement, y'en a 14 milliards qui reviennent", commentait-il avant d'ajouter, paraphrasant Margareth Thatcher :

Supposez que ces six milliards ne soient pas donnés […] Les Français pourraient dire 'I want my money back'. Rendez-nous les six milliards. Ça ne serait pas choquant.

Visiblement, Benoît Hamon ne veut pas d'une telle vision de l'Europe. La main tendue risque donc d'être difficile à accepter. 



[EDIT 17h56] Ajout tweet de la journaliste de l'AFP Stéphanie Lerouge et changement de titre, précédemment "Mélenchon se réjouit de l'évolution de Hamon au sujet de l'Europe mais ça risque d'être compliqué"









[EDIT 19h50]

L'eurodéputé Guillaume Balas, membre de la coordination politique provisoire de Génération.s, est venu lui aussi contredire les déclarations des députés LFI. Il tweete :

Benoît Hamon n’a jamais dit qu’il fallait un plan 'B' pour sortir de l’Europe. Il a dit l’inverse: qu’il fallait s’organiser dans le cadre européen pour battre le néo-liberalisme. Il faut de l’honnêteté dans le débat politique, autrement on n’y comprend plus rien...

Au moins, c'est clair.

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