Najat Vallaud-Belkacem refuse finalement d'intégrer la direction collégiale temporaire du PS

Publié à 16h06, le 08 juillet 2017 , Modifié à 19h39, le 09 juillet 2017

Najat Vallaud-Belkacem refuse finalement d'intégrer la direction collégiale temporaire du PS
© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Image Etienne Baldit


C'EST NON - Après un quinquennat Hollande passé aux avant-postes, elle incarne pour beaucoup l'avenir du Parti socialiste. Et son nom circulait avec insistance dans la short-list de ceux qui pouvaient intégrer la direction collégiale du PS, après une séquence électorale désastreuse (elle-même a été battue aux législatives) et avant un congrès refondateur. Mais selon nos informations, Najat Vallaud-Belkacem a finalement refusé le poste que lui proposait le Premier secrétaire démissionnaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis.

Cette direction collégiale et temporaire a été proposée par "Camba" et approuvée lors d'un Conseil national du PS, samedi 8 juillet. Elle est essentiellement composée de 16 personnes, à parité entre hommes et femmes. Pressentie pour être l'une des principales figures de cette instance, Najat Vallaud-Belkacem a cependant préféré décliner. L'ancienne ministre de l'Éducation nationale a souhaité prendre du champ, selon un cadre du parti cité par l'AFP. Elle s'en explique d'ailleurs via un long message publié sur Facebook, disant notamment vouloir "prendre le temps de réfléchir en profondeur aux raisons de cet échec [électoral de l'année 2017] ainsi qu’aux raisons que nous avons d’espérer à nouveau dans une gauche européenne, écologiste, laïque, socialiste". Précisant que cette décision n'est "ni une désertion ni un renoncement", elle ajoute :

Si je suis convaincue que ce travail sera forcément collectif, en allant très au-delà des murs de la maison socialiste, je crois aussi qu’il comporte sa part de solitude, de concentration et d’introspection. C'est pourquoi je n'ai pas souhaité rejoindre l’équipe dirigeante du Parti Socialiste qui va préparer le prochain Congrès, afin de me consacrer à ce travail de réflexion qui m’est, qui nous est, aujourd’hui indispensable.

Je remercie Jean-Christophe Cambadélis pour sa confiance, et je souhaite une pleine réussite à celles et ceux qui ont accepté de prendre son relais. Leur travail est indispensable à notre reconstruction et à notre renaissance et ils ont tout mon soutien.

Les ancien(ne)s ministres Ericka Bareigts, Laurence Rossignol et Matthias Fekl seront en revanche de la partie, tout comme la députée Valérie Rabault (ex-raporteure du Budget), la présidente de la région Occitanie Carole Delga, le néo-député Luc Carvounas (ex-lieutenant de Manuel Valls ayant pris ses distances récemment), l'aubryiste Jean-Marc Germain, les montebourgeois François Kalfon et Emmanuel Maurel, ou encore le proche de Jean-Christophe Cambadélis Rachid Temal. Plusieurs secrétaires nationaux du parti en font également partie, comme Isabelle This Saint-Jean et Nadège Azzaz, ainsi que Nathalie Koenders, première adjointe au maire de Dijon François Rebsamen.

En plus de ces 14 noms, on trouve donc toute une floppée de membres de droit : Olivier Faure (patron des députés PS), Christine Revault d'Allonnes (cheffe de file des eurodéputés socialistes), l'ex-ministre François Rebsamen, (en sa qualité de président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, ou FNESR), quatre porte-parole (Karim Bouamrane, Estelle Grelier et les hollandais Julien Dray et Sébastien Denaja), le trésorier du PS Jean-François Debat et quatre élus chargés de la "coordination des territoires" (Hussein Bourgi, Pernelle Richardot, Emmanuel Grégoire - proche d'Anne Hidalgo - et Mathieu Klein).

Mais malgré cette loooooongue liste de noms et la variété de courants qui s'y trouvent, "certains s'estiment sous-représentés", commentait une source auprès du Lab avant le vote, expliquant que la validation de ces nominations faisait fortement débat. Comme annoncé par Jean-Christophe Cambadélis le matin-même dans Le Monde, les hamonistes n'étaient en effet pas représentés dans un premier temps, leur leader ayant quitté le PS pour créer son propre mouvement politique. 

Mais devant cette contestation, le député de la Loire Régis Juanico, proche de l'ancien candidat à la présidentielle, a finalement été intégré à la liste. Et pour compenser cet ajout masculin qui mettait à mal la parité, la hollandaise Frédérique Espagnac a elle aussi été nommée. La synthèse, encore et toujours...









[EDIT 09/07]

A l'AFP, Ericka Bareigts dément faire partie de la nouvelle direction du PS. La députée de la Réunion a démenti ce dimanche 9 juillet faire partie de la nouvelle direction du Parti socialiste, comme annoncé samedi par le PS au terme d'un Conseil national, et a évoqué "une erreur matérielle" :



Je décline cette offre parce que je compte me concentrer sur mes fonctions de porte-parole du groupe parlementaire Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale, ainsi que sur mes activités de députée en commission des Affaires sociales et à La Réunion, dans ma circonscription.

Plus tard dans la soirée, le Parti socialiste a "pris acte" dans un communiqué du "retrait d'Ericka Bareigts" et annonce qu'"une concertation sera entreprise avec les fédérations ultra-marines du PS afin de trouver d'un commun accord une personnalité les représentant".

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