Najat Vallaud-Belkacem trouve "terrifiant" que Marine Le Pen "raconte n’importe quoi à chaque fois qu’elle ouvre la bouche"

Publié à 14h04, le 20 avril 2017 , Modifié à 14h04, le 20 avril 2017

Najat Vallaud-Belkacem trouve "terrifiant" que Marine Le Pen "raconte n’importe quoi à chaque fois qu’elle ouvre la bouche"
Najat Vallaud-Belkacem face à Marine Le Pen le 9 février. © Gif Le Lab via France 2
Image Amandine Réaux


C’est l’une des séquences télévisuelles marquantes de la campagne : Najat Vallaud-Belkacem interpellant Marine Le Pen sur le plateau de L’Émission politique (France 2), le 9 février dernier. Venue pour dénoncer la proposition de la candidate FN de mettre fin à la gratuité de l’éducation pour les enfants étrangers en situation irrégulière, la ministre de l’Éducation s’était montrée particulièrement offensive. Tout au long de la vingtaine de minutes de débat, "NVB" n’avait pas hésité à couper la parole à de nombreuses reprises à coup de "vous mentez", "c’est faux" et "arrêtez de raconter n’importe quoi" pour protester contre les "mensonges", les "fantasmes" proférés par la cheffe frontiste.

Dans une interview (enregistrée le 24 février et diffusée ce 20 avril) accordée à La Poudre, un podcast féministe mené par la journaliste Lauren Bastide, Najat Vallaud-Belkacem revient sur cette confrontation. Elle explique comment elle s’est préparée à débattre et pourquoi elle a si fréquemment coupé la parole à son interlocutrice, qui "raconte n’importe quoi à chaque fois qu’elle ouvre la bouche" :



- Najat Vallaud-Belkacem : Il y a une hygiène du débat public à avoir avec Marine Le Pen qui consiste à ne jamais prendre pour argent comptant ce qu’elle raconte.

- Lauren Bastide : La base…

- Najat Vallaud-Belkacem : Non mais c’est la base, quoi, je veux dire. [...] C’est ce qui rend très délicat le débat télévisuel avec elle, c’est qu’en fait, elle raconte n’importe quoi à chaque fois qu’elle ouvre la bouche. Mais c’est terrifiant ! Et du coup, moi je vois bien, j’ai eu des commentaires juste après ce débat, y compris d’amis, bon, beaucoup me disant 'Formidable, c’est bien d’y être allée très offensive, etc.' mais certains me disant 'Mais tu l’as coupée sans arrêt, tu as été très agressive'.

- Lauren Bastide : Vous disiez 'Vous mentez'.

- Najat Vallaud-Belkacem : Mais oui !

- Lauren Bastide : C’était important que vous le disiez.

- Najat Vallaud-Belkacem : C’était important et c’est intéressant de voir que même parmi mes amis, il y a des gens qui aient mal vécu [cela]. Je leur ai répondu 'Vous ne savez pas ce que c’est que de parler quand elle débat. Moi, j’ai préparé ce débat, je l’ai regardée débattre, je sais parfaitement ce qu’elle fait. Elle se lance dans des tunnels interminables où elle dit douze mensonges d’affilée. Et en fait, si vous la laissez parler et que vous ne l’interrompez qu’au onzième mensonge, les Français qui l’ont écoutée pensent que les dix précédents étaient des vérités. Voilà comment ça se passe. [...] En réalité, tout est mensonge. C’est terrifiant.


Engagée dans la campagne présidentielle de Benoît Hamon, Najat Vallaud-Belkacem a fait du Front national sa première cible. "L’extrême-droite autoritaire et nationaliste qui est aujourd’hui aux portes du pouvoir dans notre pays mérite que nous consacrions l’essentiel de notre énergie dans cette campagne, nous qui sommes de gauche, à lutter contre le Front national, à expliquer les conséquences de sa politique, à combattre sa démagogie, à démasquer ses mensonges et ses illusions ! N’attendons pas que madame Le Pen soit à l’Elysée pour faire tomber les masques", avait-elle attaqué en préambule d’un meeting de son poulain, le 15 mars à Nice. En 2012, elle avait écrit un livre avec Guillaume Bachelay intitulé Réagissez ! Répondre au Front national de A à Z (éd. JC Gawsewitch).

De son côté, le Front national s’en prend régulièrement à la ministre de l’Éducation, par exemple en exagérant l’instauration de l’enseignement de l’arabe au CP.





[BONUS TRACK]

"Moi, je pense que c’est possible", estime Najat Vallaud-Belkacem lorsqu’elle est interrogée sur les chances de victoire de Marine Le Pen en mai prochain. Celle qui aspire à siéger à l’Assemblée nationale dit se "préparer à exercer un mandat de résistance acharnée"... et ce même en cas de victoire de François Fillon. Elle déroule :

Je me battrai quoi qu’il en soit. Mais je me battrai aussi si la droite passe. Je suis candidate aux législatives, je veux être députée et je me prépare à exercer un mandat, si je suis élue, si c’est un mandat d’opposition, un mandat de résistance, mais vraiment, acharnée. Le fait d’avoir [...] été l’objet moi-même d’un certain nombre d’attaques, de dénigrement, etc. en même temps ça m’a bien préparée [rires] à être à l’offensive. Ce sera un mandat de résistance acharnée et je ne les lâcherai pas sur tous les sujets qui me tiennent à cœur et je ferai le maximum possible pour empêcher le détricotage social. Moi aussi, je saurai attirer l’attention de l’opinion publique sur les sujets qu’il faut à ce moment-là. Tous les parlementaires, si on est dans l’opposition, devront être dans cet état d’esprit parce que ce sera pas une alternance gentille-gentille.

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