Notre-Dame-des-Landes : pardon mais Edouard Philippe aussi se renie

Publié à 06h32, le 18 janvier 2018 , Modifié à 08h54, le 18 janvier 2018

Notre-Dame-des-Landes : pardon mais Edouard Philippe aussi se renie
Edouard Philippe © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Image Sylvain Chazot


Édouard Philippe a annoncé mercredi 17 janvier l'abandon définitif de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une décision saluée par les zadistes - et pas que - mais également fortement critiquée, notamment du côté de Les Républicains où, ô joie, on trouve enfin un angle d'attaque contre Emmanuel Macron dans lequel il n'est question ni d'immigration ni d'identité.

De nombreux LR ont en effet souligné le renoncement du chef de l'État, qui avait pourtant promis durant la présidentielle de respecter le résultat de la consultation locale organisée en 2016 sur Notre-Dame-des-Landes, et donc de faire construire cet aéroport. Citons, pêle-mêle, la présidente LR de la région Pays de la Loire Christelle Morançais, le député LR des Côtes-d'Armor Marc Le Fur, son collègue sénateur de Vendée Bruno Retailleau ou encore la membre du Bureau politique de LR Valérie Debord. Tous ceux-là et bien d'autres ont fustigé le virage à 180° du Président.

Sauf qu'Emmanuel Macron n'est pas le seul, du côté de l'exécutif, à s'être renié. Édouard Philippe également.

Nous sommes le samedi 8 octobre 2016. Une manifestation contre l'aéroport est organisée à Nantes. Le même jour, à Paris, Édouard Philippe, alors porte-parole du candidat à la primaire de la droite Alain Juppé (ça semble loin cette époque, n'est-ce-pas ?) est l’invité de franceinfo:. Et là, celui qui est encore maire du Havre se dit favorable à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Pourquoi ? Parce que la démocratie a parlé.

Il dit :

Quand vous prenez une décision dans une démocratie, il y a des gens qui sont contre. Ils peuvent le faire valoir politiquement et juridiquement. C'est très sain, c'est très bien et il faut préserver ce système. Mais une fois que la décision est politiquement prise, une fois que les juges se sont prononcés en disant 'on peut le faire', il faut la mettre en œuvre. Sinon vous ruinez le système.

Et ce qui est terrible dans l'affaire de Notre-Dame-des-Landes, c'est le délitement du mécanisme de prise de décisions dans une démocratie et dans notre République. Et c'est pour ça que, je crois, qu'il faut y aller. Alors j'espère que le gouvernement, qui est souvent dynamique et carré dans ses expressions, le sera dans ses actes.

À voir ci-dessous en vidéo :





Édouard Philippe espérait même que les travaux auraient débuté mai ou juin 2017, soit à l'époque où, imaginait-il, Alain Juppé prendrait la tête de l'État.

C'était il y a un peu plus d'un an. C'était il y a une éternité. Et bien des choses ont changé. 

Du rab sur le Lab

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